lundi 23 septembre 2013

Kumudini, de Rabindranath Tagore

A l’occasion de la célébration du centenaire de l’attribution du premier prix nobel de littérature à un écrivain indien en la personne de Rabindranath Tagore, Zulma met fin à une curieuse omission éditoriale en publiant Kumudini. Si le roman paraît originellement en 1929, la traduction anglaise advient seulement en 2003, ce qui est presque un comble eut égard à son statut de classique de la littérature indienne. Désormais, c’est au tour du lectorat français de profiter d’un texte qui aura tout de même transpercé huit décennies.

Le sujet de Kumudini se distingue avant tout par son classicisme maîtrisé. Point de Bhagavad-Gita revisitée ou de saga épique, Tagore emmène le lecteur dans l’ambiance plus satinée et discrète des alcôves du Bengale. Tout part d’un mariage entre deux nobles lignées, vécu du côté du marié, riche négociant de Calcutta, comme une revanche jouissive sur le destin puisqu’il s’accapare le plus beau joyau de ses antiques rivaux. Pour la jeune Kumudini, ce mariage qui sauve sa famille d’une ruine assurée, est pour autant interprété comme un signe des dieux, un véritable baiser de Krishna qui embrase son âme. Mais sitôt passé le seuil de la demeure conjugale, la douce promenade sur le dharma se transforme progressivement en calvaire. Face à l’autorité et l’intransigeance d’un homme incapable d’exprimer ses sentiments, Kumudini ne peut opposer qu’une fierté obstinée et sa dévotion indéfectible dans les divinités protectrices. Cette posture de sainte est pourtant soumise à de rudes preuves tant les frustrations, déceptions, mesquineries ou autres humiliations se succèdent pour devenir la routine d’une prison déguisée en palais.  

 Outre son intrigue bien ficelée autour de ce huis clos émotionnel, Kumudini justifie pleinement de se plonger dans l’univers de Tagore. Voilà un roman qui enjoint au décentrement culturel et qui agit comme un vaccin à tout ethnocentrisme littéraire. Pour reprendre le vocabulaire du sociologue Alain Touraine, ce texte est la parfaite illustration en littérature de la thèse « un feu de la modernité pour plusieurs âtres de modernisations ». Car de modernité, il en est bien question dans le roman. A l’instar de nos Balzac et autres Zola, Tagore s’applique à étudier en arrière-plan de son mélodrame, les conséquences des changements sociaux et économiques sur les pratiques culturelles de son pays. Ramené au contexte indien, Kumudini est le théâtre de l’affrontement dialectique entre la caste et les nouvelles classes, mais aussi entre les superstitions traditionnelles et les aspirations d’individus (notamment de femmes) qui s’affirment en tant que tels. C’est tout l’intérêt de la dualité entre l’époux, dont le mérite l’a propulsé à sa situation de rajah,  et son l’épouse, dont la dignité est l’unique vestige d’une noblesse de sang déchue. Tagore se révèle ainsi comme écrivain de l’incorporation puisque chacun des gestes, des emballements ou des attitudes des personnages trahit leur origine sociale, en tout cas un rapport particulier à l’Argent, nouvelle divinité supplantant le vieux panthéon indou.   

Il n’est point d’en rajouter pour se convaincre de l’intérêt de Kumudini, révélateur d’une littérature indienne qui, au-delà du ballet de saris et autres bijoux multicolores, cerne avec acuité les mutations sociales dont elle est témoin. Un propos méta-textuel qui rappelle la stature de Rabindranath Tagore dans le cénacle des grands écrivains. Une nouvelle audace de la maison Zulma qu’il serait dommage d’ignorer.   

Kumudini, de Rabindranath Tagore, traduit du bengali (Inde) par France Battacharya, éditions Zulma, paru le 03 octobre 2013, 400 pages, 22 euros. 




Rencontre autour de la vigne, le samedi 28 septembre

"Recettes de ma vigne" ... au Bar du XXème siècle

avec la librairie Préambule
le samedi 28 septembre - à partir de 18 h.

Rencontre - dédicace - dégustation dans le cadre des "Vendanges étoilées" avec Anne-Sophie Thérond et Catherine Bernard autour du livre "Recettes de ma vigne"

Explorer les différentes possibilités culinaires qu'offre la vigne, c'est l'idée qui a réuni Catherine Bernard, vigneronne, et Anne-Sophie Thérond, rédactrice culinaire et chroniqueuse gastronomique. Car la vigne est pleine de ressources : le vin bien sûr, le raisin évidemment, mais aussi les vrilles, les fleurs, la lie, les sarments... 
Elles ont donc imaginé, expérimenté et goûté près de 40 recettes pour présenter toutes les associations possibles entre la cuisine et la vigne.

Images intégrées 1


Un livre original, permettant aux amoureux de la vigne de tout cuisiner dans leur plante préférée : sarments (grillades aux sarments de la vigne), feuilles (oiselets rôtis en feuille de vigne), fleurs (salade cueillette des vignes), le raisin en lui-même (salade parfum d'automne, foie au raisin, clafoutis aux amandes et raisins, blettes aux raisins et aux pignons, pain aux raisins), le marc (fromage de chèvre au marc de raisin, saucisson au marc) et enfin/surtout le vin (coq au vin, daube du sud, œufs en meurette, sauce bordelaise, poires au vin, sabayon, gelée de vin, granité de vin doux), tout y passe.

A cette occasion, Bruno, le chef du XXe, adaptera trois recettes du livre :
- Foie au raisin : une version avec des foies non gras, accompagnés de raisin (grain, vinaigre, vin)...
- Ajo blanco : cette soupe froide d'été vient d'Espagne. Sous son nom d'ail blanc, amandes et raisins se combinent sur le principe du gaspacho...
- Truites fumées aux sarments de vigne...  no comment !!!

et pour en savoir plus...

RENDEZ-VOUS LE SAMEDI 28 SEPTEMBRE - 18H - au Bar du XXème siècle

Nous vous attendons nombreux
Préambulement votre

mardi 17 septembre 2013

Panini Comics (Septembre 2013) : Iron Man 3, Age of Ultron 1

Suite de nos critiques mensuelles des revues Panini avec Iron Man, et en vedette, le nouvel event de Marvel : Age of Ultron.

IRON MAN 3


Iron Man (vol 5) #4-5 : Kieron Gillen/Greg Land

C’est encore double dose ce mois-ci pour l’homme de fer. Kieron Gillen clôture son arc sur le programme Extremis. Depuis deux numéros Tony Stark est en goguette pour récupérer le dit-programme et régler son compte aux spécimens humains infectés. Comme il l’annonce lui-même, si des psychopathes du calibre de Fatalis ou Crâne Rouge mettaient la main sur Extremis, autant leur couper l’herbe sous le pied. Ces épisodes qui s’apprécient comme des one-shots sont autant de variations d’ambiances et de contextes pour notre écrivain sautillant. Si vous aimez les catacombes et Lovecraft, le #4 est fait pour vous. Si vous ne jurez que par les intrigues d’astronautes, vous aimerez le #5. Mais si vous n’êtes pas emballé par ce que fait Gillen sur Iron Man (comme moi), vous risquez de sévèrement vous ennuyer. Au contraire de Young Avengers, je trouve que l’humour de l’écrivain sur Iron Man tombe souvent à plat. Idem pour la caractérisation de Stark en milliardaire égocentrique et irresponsable, qui pourrait être dans le ton si Gillen ne donnait dans l’outrance et le surjeu perpétuel. Personnellement, la succession de fanfaronnades m’agace d’autant que l’action se fait rare. Ce n’est pas en empilant les pires clichés et les types d’armures que l’on va me convertir au personnage. Seul l’ouverture finale me fait espérer en un futur, sinon radieux, au moins original (et raccord avec le reste du magazine) pour le titre. Niveau artistique, je serai tout aussi sévère avec le travail de Greg Land. Quand le bourrinage mecha brille par son absence chez Iron Man, qu’est ce qu’il nous reste ? Une version métrosexuelle tout en sourire bright de Tony Stark. Autant dire que c’est largement insatisfaisant.

Guardians of the Galaxy (vol 3) #2 : Brian Michael Bendis/Steve McNiven/Sarah Pichelli

 C’est un des transferts de l’année dans le championnat Marvel NOW, mais le moins que l’on puisse c’est que l’équipe des Gardiens de la Galaxie ne va pas se plaindre de l’arrivée de la star Bendis. La nouvelle direction prise est toujours aussi intéressante et ce n’est pas ce nouvel épisode qui frise la perfection qui va me démentir. Si l’action démesurée faisait la force du cosmique des Giffen, Abnett et Lanning, Bendis a décidé d’affiner le monde impitoyable de la galaxie. Que le lecteur se rassure, l’action domine toujours dans la série et l’on dévore littéralement l’affrontement des GOG et des forces d’invasion Badoon. Le découpage est parfait, le rythme est trépidant, les dialogues savoureux. Mais là où l’épisode marque indéniablement des points, c’est dans la description des enjeux intergalactiques. Il restait quelque part une zone d’ombre dans la continuité Marvel, à savoir pourquoi toutes les races et autres entités peuplant l’univers en veulent autant à notre planète. Ce géocentrisme a d’autant plus de quoi surprendre alors que la Terre est toujours divisée et ne constitue pas en soi une menace impérialiste a contrario des Kree et autres Shi’ar. C’est un petit peu le sujet de la réunion que convoque le roi de Spartax. Les réponses que donnent alors Bendis sont satisfaisantes en appuyant sur le caractère chaotique, imprévisible, perturbateur de la race humaine. Conséquence : loi spatiale de neutralité sur la Terre qui devient une zone de non-intervention. Un statu quo qui ne saurait toutefois guère durer, que ce soit au regard des ambitions des grands peuples cités ou encore des propres actions de nos Gardiens toujours aussi réfractaires à l’autorité, fût-elle interstellaire. Tout ceci est donc de très bon augure pour le futur de la série. Si en plus McNiven et Pichelli se surpassent au dessin, on s’incline et on profite à fond de cette nouvelle version du cosmique.

Nova (vol 5) #3 : Jeph Loeb/Ed McGuiness

Preuve que le cosmique se porte bien chez Marvel, Nova continue sur sa très bonne lancée, et l’on prend toujours autant de plaisir à suivre le jeune Samuel qui découvre ses nouveaux pouvoirs. Si l’on a l’âme pinailleuse, on pourrait dire que Jeph Loeb n’est pas très original et enquille les passages obligés. Mais si l’on est honnête, il faut avouer qu’il s’en sort à merveille. Au menu de ce numéro : une scène très amusante entre Nova et le Gardien (dont on apprend qu’il peut sourire, ce n’est pas rien), mais aussi un entraînement musclé avec Rocket Racoon et Gamorra, et une première mission spatiale pas piquée des hannetons qui se conclut sur un cliffangher qui a de quoi faire frémir. Loeb est toujours aussi à l’aise pour se mettre dans la peau d’un adolescent et concocte ce même coktail gagnant entre innocence de la jeunesse et sérieux des enjeux exposés. Rien à dire non plus sur son vieux compère aux dessins, sinon que McGuiness est très inspiré et parvient à nous faire décoller aux côtés de Nova. Mission accomplie donc.

Fantastic Four (vol 4) #3 : Matt Fraction/Mark Bagley

Matt Fraction a décidé d’enlever le frein à main et envoie enfin la famille Richards dans l’espace. L’ensemble du numéro est donc consacrée à la première aventure temporelle des 4 Fantastiques. Ce n’est pas désagréable, l’idée de planète-leurre est plutôt bonne, l’action est au rendez-vous, l’imagerie des pionniers est bien retranscrite, bref on ne baille pas trop à la lecture, ce qui serait presque un exploit vu les standards fractioniens. Par contre difficile de se prononcer sur la qualité globale de l’arc vu qu’il faudra attendre un bon paquet de revues avant d’avoir une idée plus objective sur la vision de l’écrivain. Aux dessins, Mark Bagley fait le job, ni plus ni moins, c’est pas mal sans être transcendant.

Bilan de la revue : mon constat est peu ou prou le même que le mois dernier. Iron Man m’énerve, les deux séries cosmiques me passionnent. Reste les Fantastic Four, à mon avis le facteur X de cette revue.


AGE OF ULTRON 1


Drôle de destinée qu’aura connue ce nouvel event Marvel. Arrivé sur la pointe des pieds, teasé par le bout des doigts comme si l’éditeur américain avait honte de son blockbuster, misant plutôt sur l’estival Infinity, Age of Ultron ne partait donc pas sous les meilleurs auspices. Il faut aussi resituer la conception d’Age of Ultron, annoncé quelques mois après le lancement de Marvel NOW sans clairement se positionner dans la continuité puisqu’aucune série estampillée NOW n’avait sinon préparé, du moins fait office de prologue. Des symptômes inquiétants puisque Marvel nous avait jusqu’ici habitué à la grande pompe promotionnelle. Pourtant sur le papier, rien que l’équipe annoncée a de quoi faire frémir. Vieux routier de l’event, c’est Bendis qui est à la manœuvre. Rien d’extraordinaire a priori, mais au moment où Age of Ultron sort, l’écrivain chauve est au sommet de son art et toutes (je dis bien toutes) ses séries du moment sont des hits (Ultimate Spiderman, Uncanny X-Men, All-New X-Men et Guardian of the Galaxy). Mais surtout, c’est le retour aux grandes affaires d’un Bryan Hitch qui se faisait depuis quelques temps désirer. On ne peut pas dire que le génial dessinateur se soit trop foulé lors de ses dernières collaborations faisant donc d’Age of Ultron  le coup de fouet dont il avait besoin.
Je vous épargnerai un long discours sur les events, qui ont surtout le don de décevoir un lectorat qui attend peut-être trop de ces grandes productions. Rappelons donc simplement que ce type de récit doit rompre avec la routine super-héroïque et vous en mettre plein la tronche le temps d’une histoire qui sort du commun. Vérifions donc si Age of Ultron remplit (le début de) son contrat.

Age of Ultron #1 : Brian Michael Bendis/Bryan Hitch

Point de suspense superflu, Bendis signe à mon avis un premier numéro qui tutoie la perfection. Dès la première double-page l’ambiance d’Age of Ultron est posée. La vue panoramique sur des immeubles en ruine surplombé par les réacteurs d’un immense vaisseau spatial agit comme une immersion immédiate dans l’univers post-apocalyptique de l’event. Pour ceux qui s’intéressent aux séries mutantes, le genre du post-apocalyptique sur fond de résistance à une autorité totalitaire et oppressante n’est pas si originale. Remender avait ramené X-Force dans l’âge d’Apocalypse, dont Lapham avait tiré un spin-off du même nom. Cependant Bendis prend à contre-pied le script et le style de Remender et se situe dans un registre auquel il ne nous avait guère habitués. Dans ses plus grands runs (citons notamment Daredevil, Ultimate Spiderman), l’écrivain s’impose par un art magistral du dialogue par lequel il travaille en profondeur les personnages qu’il aime. Selon les standards de Bendis, ce premier numéro est finalement peu bavard et la plupart des lignes de dialogues tiennent plus du cri, d’une extériorisation émotionnelle bien loin des discours léchés qu’il affectionne tant. Bendis fait ainsi entièrement confiance aux images qu’il invoque et à la puissance symbolique qui s’en dégage. Les moments de bravoure s’imposent à nos yeux, que ce soit cette incroyable séquence de sauvetage de Spiderman, l’arrivée de l’armée d’Ultron tels les anges noirs semant destruction et désespoir. Que dire de cette image bouleversante qui clôture le #1 et qui démontre qu’un plan bien pensé peut aisément supplanter la meilleure des argumentations. Si je vante à ce point l’impact visuel de l’épisode, c’est que l’artistique est à un très haut niveau. Oui, réjouissons-nous du retour de Bryan Hitch. Certes, cela n’atteint pas les plus belles pages d’Ultimates, voire de The Authority (à supposer qu’Hitch retrouve un jour ce niveau), mais dieu que cela reste beau et sombre. Que ce soit dans les paysages décharnés ou dans les corps maltraités de nos héros, le dessinateur est inspiré, cela se sent et impacte le plaisir de lecture.

Age of Ultron #2 : Brian Michael Bendis/Bryan Hitch

Après une telle introduction, la suite risque forcément de décevoir. S’il n’atteint pas la même intensité (mais peut-il en être autrement), cet épisode reste toutefois d’excellente facture. Bendis poursuit plusieurs pistes, qui sont payantes. Tout d’abord il insiste sur un duo de survivants en la personne de Black Widow et Moon Knight. En investissant une ancienne planque de Nick Fury, l’écrivain assure ainsi un passage de témoin symbolique qui est bien pensé, tout en contrepoint de la bad ass attitude d’un  Hawkeye particulièrement jouissif. Il faut d’ailleurs constater que dans Age of Ultron, Bendis met en avant ses personnages préférés, à savoir les héros urbains généralement dénués de très (trop) grands pouvoirs, et qui sont in fine les meilleurs représentations du courage et du dépassement de soi, en somme les avatars les plus crédibles de la résistance humaine. L’event se déplace ensuite dans l’underground New-Yorkais autour du debriefing de Spiderman. L’artifice narratif est là encore efficace puisqu’il permet de faire assez rapidement le lien entre la continuité de Marvel NOW et Age of Ultron et de comprendre comment on en est arrivé là. Un petit mot sur la conclusion de ce #2, qui répond directement à celle du #1. Renversement d’image et donc de symbolique, qui paradoxalement arrive peut-être un peu trop vite. Les blessures physiques ou mentales auraient pu perdurer un poil plus longtemps pour souligner l’atterrement ou le découragement de certains personnages suite au soulèvement de la Machine. Un petit mot sur la livrée de Bryan Hitch. Dans la lignée du premier numéro, cela reste beau, avec de très belles pages, en particulier ce panorama qui magnifie la première offensive d’Ultron sur Manhattan.  


Bilan de la revue : après deux numéros pour le moins réussis, je ne peux que conseiller la lecture d’Age of Ultron. Voilà un event qui pour l’instant séduit par son ambiance doucement désespérée, le choix des héros mis en avant, et les promesses que l’on est désormais en droit d’attendre. Ah, si seulement on pouvait avoir plus de pages pour 4,10 euros… 

dimanche 15 septembre 2013

Panini Comics (Septembre 2013) : Uncanny Avengers 4, Avengers Universe 3, Avengers 3

Ayant un peu croulé sur les lectures et autres tâches annexes, j’ai donc pris un certain retard sur mon planning habituel. Mais je vais essayer malgré tout de vous proposer le traditionnel bilan des publications Marvel NOW ! que je lis chez Panini. Sans plus attendre, place aux séries Avengers.

UNCANNY AVENGERS 4
 

Uncanny Avengers #4 : Rick Remender/John Cassaday
 

           Voilà une série qui ne dévie pas d’un iota depuis son lancement. On garde dans ce même numéro qui font le succès (ou son contraire, selon votre appréciation) de cette série. Remender conclut cette fois-ci l’affrontement entre les C-Men et l’équipe mixte dirigée par Havok. Beaucoup d’action au rendez-vous et l’on saura rendre grâce à l’écrivain  de mettre à l’honneur la Sorcière Rouge et le frère Summers, tant les poids lourds habituels (Captain, Wolverine, Thor) n’ont jusqu’ici guère brillé. Une manière plutôt efficace de remettre en selle des personnages qui en avaient bien besoin, notamment une Wanda dont la réputation n’est guère reluisante. On pourra rétorquer que ce premier arc n’est guère original, et que Remender se permet certains écarts (et ouais, faut pas oublier que le bonhomme avait pondu FrankenCastle), mais honnêtement, le mélange prend bien. Sans compter un bon vieux cliffangher des familles pour maintenir en haleine son lecteur. Je serais ce mois-ci un peu moins élogieux vis-à-vis de Cassaday, dont j’ai eu du mal à reconnaître le trait. C’est moins détaillé qu’à l’accoutumée, notamment pour les visages. Mais bon, ça tient quand même la route.

Avengers Arena #4 : Dennis Hopeless/Alessandro Vitti


Nous voilà de retour dans l’univers survivaliste et légèrement désespéré d’Avengers Arena. Dans la lignée des deux précédents numéros, Hopeless se concentre ici sur un couple de personnages, rappelle leurs origines pour mieux les situer dans la présente intrigue. Si le schéma devient légèrement répétitif, ce travail de contextualisation est bougrement bien pensé et permet de rappeler efficacement le background de personnages (parfois) inconnus pour le lecteur, tout en variant les angles de perception et donc les modalités de narration du récit. En se concentrant dans cet épisode sur le couple Chase/Nico, Hopeless change légèrement de ton, optant pour une ironie réjouissante. Pourtant l’humour noir ne tient que sur quelques pages, puisque la rencontre avec le trio Hazmat/Reptile/X-23 fait rapidement basculer le récit dans la défiance, l’incompréhension et la défiance, somme toute, les ingrédients propres à la série. Difficile par contre de se prononcer sur l’avancée d’un récit qui joue beaucoup sur l’ellipse ou le non-dit. Gageons que la conclusion du numéro sera synonyme d’accélération d’une intrigue qui reste pour l’instant extrêmement intéressante. Aux dessins il y a du changement ce mois-ci avec l’arrivée d’Alessandro Vitti, qui remplace Kev Walker. Son trait me rappelle par moment Jim Cheung. Cela n’est pas vilain, loin de là (d’autant que la colorisation reste au top), mais je préfère son prédécesseur.

A+X #4 : Kaare Andrews/Lee Loughridge puis Jason Latour/David Lopez


Nul besoin de vous répéter tout le mal que je pense de ce projet A+X, pensés comme la réunion d’un casting all-star que ce soit dans les héros mis en avant dans les histoires, mais aussi au niveau des équipes artistiques mobilisés. Pour ce dernier point, soit mon inculture est grande (et c’est possible), soit Marvel est en train de faire appel à des équipes de seconde zone (avec tout le respect que je dois pour Andrews, Loughridge, Latour et Lopez) pour faire perdurer le concept. Et pourtant, on y gagnerait presque en qualité, ce qui est relativement paradoxal. Je passe allègrement sur le récit qui réunit le fauve et Spiderman dans une dimension parallèle dominée par une espèce descendante du fauve. Libidineux et faussement drôle, j’ai trouvé le résultat globalement raté. Par contre l’histoire concoctée par Latour est plus intéressante. D’une part parce que le team-up du jour décontenance (Quentin Quire et Captain America !)  et surtout parce l’écrivain reste fidèle à la caractérisation des deux personnages tout en respectant leurs continuités respectives. Cela reste toujours anecdotique, mais c’est le genre de récit que l’on pourrait rajouter dans un TP pour appuyer l’évolution d’un personnage. Une lecture très agréable (pour une fois).

Bilan de la revue : mon ressenti est sensiblement identique à celui du mois précédent. Uncanny reste efficace, Arena est toujours aussi bon et haletant. Reste A+X, légèrement sauvé par son deuxième récit. La bonne nouvelle du jour, c’est que justement on n’aura pas d’A+X dans le prochain numéro. Ah et l’autre bonne nouvelle, c’est que mon courrier a été publié par Jérémy Manesse. Quelque part, c’est la classe.

AVENGERS UNIVERSE 3
 

Avengers Assemble #11-12 : Kelly Sue DeConnick/Stefano Caselli/Pete Woods


Double dose d’Avengers Assemble (ouuuaaaaisss……) ce mois-ci. J’en ai marre de me répéter à chaque revue, mais il faut dire aussi que j’en ai marre de lire cette série. Entre DeConnick et Fraction, on ne peut vraiment pas dire que je sois fan de ce couple, quoique pour des raisons très différentes. La compagne de l’auteur de Fear Itself, continue, numéro après numéro, de traiter par-dessus la jambe son histoire, son équipe et ses personnages. Dans le #11 elle conclut (enfin) son arc sans intérêt sur une arme biochimique (ou bactériologique, je m’en souviens déjà plus). Pif paf pouf, les héros gagnent, et sur quoi ça se termine ? Sur Spidey qui photographie Hulk et Stark qui défilent à poil dans New-York. Franchement, comment voulez-vous que je souscrive à ça. Je suis pourtant fan d’humour régressif (un bon pipi-caca de temps en temps, ça ne fait pas de mal), mais il faut que ce soit un minimum cohérent. Ce sera quoi la prochaine fois, Captain qui s’amuse avec un coussin péteur ? Bon, j’ai même pas envie de vous parler du #12, autour d’une intrigue toujours aussi passionnante autour de Black Widow et de la Sibérie. Hawkeye et Spider Woman sont embarqués, mais franchement on s’en cogne. Et le pire avec Avengers Assemble, c’est que Marvel y alloue de sacrés dessinateurs ! Que soit Caselli ou Woods je trouve qu’on en prend plein les mirettes, mais ça n’empêche pas de constater que ce qu’on lit reste indigent.

Captain America #3 : Rick Remender/John Romita Jr


Alors tout de suite on change de dimension (ehehe). Remender sort rapidement Captain de la mélasse dans laquelle il se trouvait à la conclusion du numéro précédent. L’écrivain pose plutôt son récit ce mois-ci, continue d’alterner entre le passé de Rogers et ses péripéties actuelles, tout en rajoutant de nouvelles pistes. L’ensemble reste toujours mystérieux (mais où allons-nous dans ce récit ?) tout en gardant son côté hypnotique. Captain est toujours autant maltraité quand bien même il s’érigerait en libérateur, et en proie cette-fois à de grands doutes existentiels. L’épisode se lit donc plutôt bien, mais surprend encore par son cliffangher que je n’ai absolument pas vu venir. J’aurais donc les mêmes remarques qu’avec Uncanny Avengers, Remender nous la joue de plus en plus FrankenCastle. Je reste circonspect, mais confiant dans les capacités de l’écrivain de nous livrer une suite de grande facture. Avec Romita Jr, c’est le chaud et le froid, le beau et le franchement moche. Pendant de nombreuses cases, le dessinateur est en forme (j’aime beaucoup ses gros plans de Captain), et par moment ça pique les yeux. Cette fois-ci, Romita Jr en veut aux proportions humaines, et a décidé de faire de ses gamins des héros à la Final Fantasy VII. Autant dire que le SD est plutôt WTF.

Indestructible Hulk #3 : Mark Waid/Leinil Francis Yu


Le boulot de Mark Waid ne cesse de m’enthousiasmer sur la version Marvel NOW de Hulk. Un vent de fraîcheur ne cesse de souffler sur le titre, et franchement cela fait du bien. Rappelons le pitch de ce nouveau virage dans la trajectoire du géant vert : le SHIELD finance le laboratoire de Bruce Banner, tandis que Hulk rend à l’agence quelques services. Dans le présent épisode ces deux facettes sont merveilleusement agencées. Une bonne partie est ainsi dédiée au recrutement par l’agent Hill des futurs laborantins. Tout en faisant avancer son histoire, Waid remet Banner sur son piédestal légitime en rappelant que si les plus grands esprits de la planète sont prêts à évoluer sous ses ordres, c’est que Bruce est une véritable Star dans sa communauté. J’attends donc beaucoup des futurs développements de cet aspect-là (mais bon en ce moment Waid c’est 100 % de capital confiance sur le superhéroïque). Quant à la deuxième facette, elle est toujours présente, et on n’est pas déçu non plus. Non seulement l’intrigue est bien ficelée, mais quand Hulk débarque ça fait mal. C’est à se demander si Waid ne doit pas procéder à un léger power up de ses vilains, car l’AIM n’est clairement pas du calibre de notre héros. Je vais rester tout autant élogieux avec Yu. Je suis littéralement conquis par son trait. Ce qui était un des principaux défauts du run de Aaron, est ici une des forces du titre. On ressent bien, même si le dessinateur joue allègrement avec la perspective, tout le côté titanesque du héros, ce qui est un des intérêts majeurs d’une série Hulk. Franchement c’est le sans-faute.

Thor God of Thunder #3 : Jason Aaron/Esad Ribic


Là aussi on frise la perfection. Je redécouvre avec toujours autant de plaisir cette série qui envoie du très très lourd. Au programme dans ce numéro, toujours cette triple temporalité autour de Thor et du tueur de Dieux. Le numéro se concentre plutôt sur l’enquête que mène l’asgardien dans le présent, tandis que l’on s’approche de plus en plus de la confrontation entre les deux immortels qui a eu lieu dans le passé. Rien n’est à jeter, que ce soit au niveau de l’ambiance, des dialogues ou de l’action. Je ne suis pas un grand connaisseur de Thor, mais Aaron rompt clairement avec la caractérisation du dieu comme une sorte de Lassie chien fidèle modèle de Luxe. Cet arc explore les failles des Dieux, leurs peurs, leurs faiblesses et leurs échecs. L’atmosphère est tour à tour oppressante, épique, introspective ou nostalgique. Bref, tout le panel y passe et montre tout le talent de Jason Aaron qui signe, à mon avis, son meilleur travail chez Marvel. Esad Ribic est comme d’habitude au diapason du scénario et signe des planches à vous décrocher la mâchoire, d’autant plus que le script d’Aaron s’y prête admirablement : Dieux cloués à un arbre géant, Royaume spatial, Divinité géante, Bibliothèque du Panthéon, autant de visions sublimés par le dessinateur.

Bilan de la revue : on est dans la lignée des mois précédents. Avengers Assemble est en trop, mais les séries solo rehaussent le niveau. Si on est en droit d’attendre un peu plus de Remender sur Captain America, Waid et Aaron touchent la perfection sur leurs titres respectifs.

AVENGERS 3


Avengers (vol 5)  #5-6 : Jonathan Hickman /Adam Kubert


La revue s’ouvre sur la traditionnelle double dose d’Avengers. Non pas que je le regrette car j’avoue souscrire avec plaisir à la vision que propose Hickman de l’équipe star made in Marvel. Après un premier arc en fanfare se déroulant sur Mars, l’écrivain prend depuis son temps, que ce soit dans la présentation d’un concept Avengers élargi ou dans la construction de son intrigue. Quiconque n’est pas coutumier du rythme narratif hickmanien aura l’impression de parfois s’ennuyer ou de faire du surplace, mais finalement se rendra compte que chaque élément avancé prendra son importance .  En regardant de plus près les deux épisodes du jour, le premier s’intéresse à la nouvelle titulaire du costume Smasher. Une bonne occasion de retrouver l’élite cosmique avec la Garde Impériale Shi’ar. Le récit de l’intégration du premier membre terrien est plutôt efficace et l’on s’attache assez rapidement à cet Avengers atypique. Dans le #6, on revient à ce qui intéresse Hickman, soit la grande menace cosmique qui impactera la Terre. L’écrivain développe un petit plus l’avatar de l’univers, et au détour de grandes sentences dramatiques, fait doucement, mais sûrement monter la sauce. Je trouve que cette nouvelle atmosphère est plutôt prenante et convaincante, et ferait même pardonner certaines lacunes d’écriture (l’alphabet alien ou l’humour de Spiderman qui tombe souvent à plat). Au niveau des dessins, je trouve que Kubert commence à s’essouffler. La cadence étant sûrement infernale, les détails en pâtissent, mais sans gâcher outre mesure la lecture.

New Avengers (vol 3) #3 : Jonathan Hickman/Steve Epting


 Après un deuxième épisode passionnant, j’étais presque impatient de retrouver les Illuminati version Hickman. Toujours confronté à la problématique de la collusion interuniverselle, le groupe ressort un vieil artefact laissé en veille depuis The Heroic Age, rien de moins que le fameux Gant de l’Infini. Son exploitation me laisse un peu perplexe. Le Gant de l’Infini étant probablement l’arme la plus puissante de l’univers Marvel, je m’explique mal son épuisement énergétique au bout de quelques cases. Peut-être qu’Hickman a voulu rapidement écarter ce facteur de sa propre équation, mais cela sonne un poil faux. On sera en revanche plus satisfait des délibérations des Illuminati concernant les options alternatives aux gemmes cosmiques. Je ne vous dévoile pas les résultats du vote, mais concernant les orientations morales, on est plutôt surpris des positions de tel ou tel personnage. Reste que l’écrivain livre de superbes dialogues et se permet un nouveau cliffangher, logique, mais qui risque du coup de délier l’intrigue. Toutefois, on ne peut que saluer là encore le souci de la continuité en relation avec le nouvel édifice que met en place Hickman. Rien à signaler du côté de Steve Epting, qui est encore en grande forme. Les dessins sont beaux, et rendent honneur au caractère intriguant et solennel du script qu’il doit illustrer.

Secret Avengers (vol 2) #3 : Nick Spencer/Luke Ross


Rien à faire, pour moi la mayonnaise ne prend pas avec cette nouvelle mouture des Secret Avengers. Toujours aux prises avec l’AIM, nos agents secrets se font tout simplement chouraver l’armure du Iron Patriot. Concrètement, c’est à peu près tout ce qu’il se passe dans l’épisode qui recycle (encore) un élément récemment vu dans les films Marvel (même si le Iron Patriot découle du Dark Reign de Bendis). La lecture n’est pas une torture, mais elle est tellement anecdotique que j’ai dû à nouveau feuilleter ma revue pour me rappeler ce qu’il y avait dedans (et j’ai lu l’épisode hier…).

Young Avengers (vol 2) #3 : Kieron Gillen/Jamie McKelvie/Mike Norton


On est toujours en pleine course poursuite avec notre jeune couple accompagné de l’espiègle Loki. Encore une fois je n’ai pas grand-chose à écrire sur ce que nous offre Kieron Gillen. Le rythme est trépidant, le ton reste souvent léger (ce qui tranche un peu avec la réalité de la menace). A signaler tout de même l’introduction d’un nouveau personnage qui vient secourir nos héros en détresse. Plutôt bourrine et sarcastique, cette petite America Chavez (quel nom délicieux !) est une bonne composition. Sinon, il serait quand même temps de conclure cet arc, qui commence à être un tantinet longuet.


Bilan de la revue : Avengers reste une bonne lecture dont l’intérêt est principalement le fait des productions d’Hickman. Non pas que le reste soit une purge, mais cela reste quand même inférieur aux titres phares qui ouvrent le magazine. 

mardi 13 août 2013

Panini Comics (Août 2013) : X-Men Universe 2, X-Men 2

Suite et fin du bilan du kiosque Panini, avec les séries mutantes à l'honneur. J'avais salué le relaunch du sous-univers le mois précédent (du grand grand Bendis notamment), il est maintenant temps de vérifier si l'aïoli n'est pas retombé. 

X-MEN UNIVERSE 2

Savage Wolverine #2-3 : Frank Cho

J’avoue que je suis embêté avec cette nouvelle série. Disons que j’alterne entre le franc sourire et le « Non ! Là c’est trop con ! » . Que l’on donne carte blanche à Frank Cho ne me gêne pas plus que ça. Mais cela se sent que le dessinateur n’est pas un as de l’écriture (j’en veux pour preuve un clin d’œil un poil lourdingue Hugh Jackman, sans parler de certains calembours). En fait ce qui est étonnant avec le style de Cho, c’est son incapacité à garder son sérieux plus de trois cases. Il casse ainsi régulièrement le côté survivaliste de son récit (rappelons qu’à la base toute une mission a été massacrée) par une vanne, une gaudriole, une situation cocasse (on entendrait presque le bruit de klaxon pour appuyer le gag). Impossible de ne pas se taper le front à la lecture du casus belli à la fin du #3. En même temps ce ton badin permanent n’est pas désagréable, et j’ai passé un très bon moment à avancer dans l’histoire aux côtés de Wolverine. Car l’histoire avance malgré tout. Amadeus Cho débarque aussi de manière mystérieuse sur l’île (on pourra tiquer que c’est un nouvel auteur asiatique qui mobilise un héros asiatique), passe pour un Dieu auprès de la tribu locale, manque de féconder Loana (ça ne s’invente pas), mais surtout en apprend plus sur les enjeux de l’île et du conflit antique qui opposa un éternel à une créature assez hostile. Un mot sur les dessins. Vous ne connaissez peut-être pas la passion de Frank Cho pour les Jungle Girls (allez sur son site pour vous en convaincre). Je reste persuadé que cela a été sa motivation numéro 1 lorsqu’il a proposé cette série à Marvel. Si vous êtes allergique à l’anatomie de Shanna, passez votre chemin, car la belle est exposée sous toutes les coutures. A part ça, il faut avouer que le bougre sait quand même très bien dessiner et que cela reste très très beau.

Uncanny X-Force (vol 2) #3 : Sam Humphries/Ron Garney/Adrian Alphona

Je n’ai pas grand chose à écrire sur cet épisode qui se lit vite et plutôt bien. Tout le numéro est orchestré autour de la traque de Bishop et de Ginny. Il reste beaucoup de points d’ombre autour de cette petite fille qui attire tant de monde, et sur le retour de ce Bishop. Quelques mystères seront forcément levés au prochain épisode, puisque l’épisode de conclut par l’enfermement de Betsy dans… et non je ne vous spoilerai pas ce twist final. Au niveau des dessins, c’est quelconque sans être moche, à l’exception des dernières pages, plus oniriques et donc plus plaisantes. J’attendrai vraisemblablement quelques numéros avant de livrer un avis péremptoire sur cette nouvelle mouture d’Uncanny X-Force.

Age of Apocalypse #7-8 : David Lapham/Renato Arlem

Lapham continue son bonhomme de chemin sur cette série qui se déroule dans le monde alternative de l’âge d’Apocalypse. On n’est guère dépaysé, puisque Lapham prend une nouvelle fois son temps, consacre la part belle à la parlote, aux revirements, aux trahisons, aux alliances complexes. Si l’on peut être lassé de ce sempiternel jeu où l’équipe du Prophète est toujours sur le fil du rasoir, on entrevoit enfin le bout de la lumière. Depuis le début de la série, la tonalité est clairement pessimiste voire fataliste, mais là une solution au problème Omega est apporté. Lapham réinterprète plutôt bien le rôle des Emma Frost, Reed Richards et Fatalis. Je maintiens que c’est un titre attachant, au goût si particulier qu’il serait dommage d’en priver le lecteur français. Je suis toujours aussi fan du dessins de Renato Arlem, qui est en adéquation totale avec l’atmosphère poisseuse et crépusculaire de l’âge d’Apocalypse.

Bilan de la revue : en attendant l’arrivée d’X-Men de Brian Wood, X-Men Universe reste une revue bancale. Malgré tout elle vaut l’achat, notamment pour les deux épisodes de Savage Wolverine qui se révèle une série attachante pour ses qualités mais aussi pour ses défauts.


X-MEN 2

All New X-Men #3-4-5 : Brian Michael Bendis/Stuart Immonen

Triple dose de ANXM dans ce magazine, et on ne va pas s’en plaindre. Je vous remémore mes impressions du mois dernier, mais à mon humble avis, All New X-Men était incontestablement la grosse claque de Marvel NOW en renouvelant de manière osée l’univers mutant. Une fois la surprise du pitch génial de Bendis passée, il faut assurer sur la durée. Evitons le suspense superflu, ces trois nouveaux numéros sont de haute volée. Je vous faisais part d’une certaine incompréhension de certains éléments d’Uncanny X-Men, et bien disons que le #3 permet de faire combler les trous. Une petite erreur éditoriale chez Panini, vite oubliée. Bendis développe ensuite les péripéties à notre ère des X-Men originels. Et le grand chauve a soigné ses passages obligés, notamment la rencontre entre les deux Scott Summers qui est magnifique de bout en bout. Deux X-Men sortent du lot : le Fauve (originel) et Jean Grey. Le premier surprend par son assurance, quant à la seconde elle va de révélation en révélation, et sera probablement la clef de voute des prochains numéros d’ANXM. Deuxième plainte par rapport à Panini, qui a un peu saccagé la double-page où notre rouquine avale en une seconde 50 ans de vie mutante (saleté de reliure). Cela me donne ma transition car dans cette série, on ne se régale pas seulement du scénario en béton armé de Bendis, mais on déguste chaque planche d’un Stuart Immonen en très grande forme malgré des délais infernaux. La grande classe pour une série qui est déjà un classique. Vivement le mois prochain.

Uncanny X-Men (vol 3) #2 : Brian Michael Bendis/Chris Bacalo

Uncanny X-Men sous la plume du même Bendis est un petit peu le pendant de ANXM, le revers de la médaille mutante, du moins c’est de la sorte que je l’interprète. A ANXM la lumière des X-Men purs et originels, à Uncanny la noirceur de la « Révolution Mutante », projet de Cyclope, entouré d’Illyana, Emma Frost et Magneto. Ce qui est suggéré dans ANXM est plus amplement mis en avant dans cette série, notamment les conséquences inattendues de la Force Phénix sur ceux qui ont été en contact avec elle. Dis plus clairement, Cyclope, Magneto et Emma Frost ont perdu une large partie de leurs pouvoirs, du moins n’en ont plus la maîtrise totale et souveraine. Bendis traite des récentes blessures qui n’ont pas encore eu le temps de se refermer, mais qui le doivent puisque Cyclope lance sa propre école Charles Xavier pour soutenir la « Révolution mutante ». Un peu comme Wolverine and the X-Men en son temps (avec le même dessinateur, qui plus est), on fait le tour du proprio et une première revue des jeunes effectifs. Reste que Bendis n’a pas oublié son cliffangher du #1, qu’il ne résout pas vraiment en le plussoyant à la conclusion du ce présent épisode. Que dire des dessins de Bachalo ? Si vous aimez le cartoony, vous allez adorer Uncanny X-Men. Personnellement j’apprécie beaucoup son trait qui donne immédiatement une tonalité particulière à ce titre. Une autre bonne lecture somme toute.

Cable and X-Force #3 : Dennis Hopeless/Salvador Larroca

Après deux épisodes plutôt plaisants, mais relativement obscurs, Hopeless continue son aventure avec l’ami Cable et la menace à laquelle cette version d’X-Force doit faire face. L’écrivain reste économe dans le dévoilement de son intrigue, mais cela avance nettement. Si le coupable n’est pas encore identifié, au moins on sait quand et comment la race mutante sera menacée. Il me manque encore un je-ne-sais-quoi pour m’emballer définitivement, mais c’est une dissertation plutôt efficace sur la notion de terrorisme et les problèmes de perception dès lors qu’il s’agit de qualifier les actions de Cable. Qu’un groupe comme les Uncanny Avengers soit amené à s’interposer est somme toute logique, puisqu’il est confronté au même type de menace tout en y répondant de manière classique à la sauce Avengers. Alors est-ce que le groupe mérite pour autant le nom de X-Force ? Oui dans la testostérone et le potentiel dangereux de ce joli roaster, non pour l’instant car les effusions de violence sont plutôt rares pour un groupe d’intervention de choc.  Tant pis pour la répétition, mais si je suis ravi de retrouver Hope et son père, j’attends désormais qu’Hopeless me surprenne et se lâche un petit peu plus. Rien à dire par contre sur les dessins de Larroca. Personnellement cela me convient tout à fait.  


Bilan  de la revue : X-Men est une excellente revue, et conserve son statut de must-have. Point de série faiblarde, même si Cable and X-Force est un cran en-dessous des séries maniées par Bendis. 

lundi 12 août 2013

Panini Comics (Août 2013) : Iron Man 2, Uncanny Avengers 3

Suite du bilan mensuelle même si j'ai pas de thématique pour relier formellement les deux magazines mis à l'honneur, à savoir Uncanny Avengers et Iron Man. Mais bon, on s'en fiche me direz-vous, et vous auriez parfaitement raison. L'important ça reste le contenu.

IRON MAN 2


Iron Man (vol 5) #2-3 : Kieron Gillen/Greg Land

Double dose d’Iron Man, et je ne peux pas dire que j’en ai été ravi à la lecture. Et pourtant j’aime garder l’esprit ouvert, et j’aurais été enchanté d’être convaincu par Kieron Gillen. Malheureusement les deux numéros du jour m’ont à nouveau fait comprendre pourquoi Iron Man ne m’a jamais passionné. La faute peut-être à deux épisodes complètement anecdotiques, le premier autour d’un pissing contest d’armurier avec en nemesis des Power Rangers aux noms de chevaliers arthuriens, le deuxième autour de la recherche d’Extremis et de l’infiltration de Stark dans une demeure d’un trafiquant colombien pour se friter avec des vilains quelque peu anonymes. La faute incombe peut-être à Gillen qui pour l’instant ne propose que des one-shots, et qui nous ressert donc le même cocktail de vanité insupportable, de blagues pas toujours drôles et d’un Stark hésitant tel Mariah Carey face à sa penderie d’armures. J’ai constaté un peu partout sur le net que beaucoup de personnes détestent le style de Greg Land. Sans être le dessinateur du siècle, ses planches ne me piquent pas plus les yeux que ça. Au contraire, je le trouve plutôt adapté à l’univers Iron Man version Kieron Gillen.

Guardians of the Galaxy (vol 3) #1 : Brian Michael Bendis/Steve McNiven

Après un prologue sur la jeunesse de Peter Quill, on entre enfin dans le vif du sujet. Et là, Bendis fait très fort. L’épisode s’ouvre dans un bar galactique et sur le dialogue entre Quill et son père, Seigneur de la Galaxie (rien que ça). Si la thématique du conflit paternel sur fond de « accepte ta destinée princière » est bien menée l’intérêt est ailleurs. Bendis s’attarde en effet sur l’équilibre diplomatique entre les différentes forces et autre empires galactiques. L’enjeu : la neutralité de la Terre avec interdiction à toute race d’intervention directe. Un élément scénaristique plutôt bienvenu car que ce soit avec Giffen ou le duo Abnett/Lanning, les enjeux diplomatiques (en dehors du « Empire tape sur Empire ») et autres négociations ont plutôt été ignorées. Un aspect « real politics » qui a le mérite de clarifier la situation effective de la Terre, même si le Cliffangher de l’épisode tend à démontrer que les règles sont avant-tout émises pour être transgressées. Que le lecteur se rassure, Bendis n’oublie pas qu’il officie sur du cosmique, et nous livre une bonne dose de bourrinage spatial, les Gardiens se lançant à l’assaut d’un vaisseau Badoon. On retrouve avec plaisir Rocket avec son bazooka, Gamorra et sa lame et Groot avec son « Grooot ! ». Si je rajoute à cela le boulot impeccable de Steve McNiven, vous tenez là une des lectures les plus agréables de ce mois.

Nova (vol 5) #2 : Jeph Loeb/Ed McGuiness

On retrouve le jeune Sam Alexander aux prises avec Gamorra et Rocket Racoon. Si le dialogue s’avère plus compliqué que prévu, il agit comme révélation quasi définitive pour notre adolescent. Et oui, son père n’était pas mythomane. Sam accepte puis enfile l’héritage familial, et se transforme pour la première fois en Nova. Loeb décrit le moment, classique et efficace depuis Spiderman, où un jeune garçon découvre les intérêts d’avoir des super pouvoirs. Vous comprendrez aisément que le pitch du présent épisode ne brille pas forcément par son originalité, mais cela n’impacte en rien le plaisir de lecture. La plume de Loeb est toujours aussi limpide et l’on ne s’ennuie jamais. La maîtrise du rythme est impeccable et le petit cliffangher à la fin du numéro nous montre que l’on ne va guère perdre son temps sur cette série. Ed McGuiness est fidèle à sa réputation, même si on n’a pu le voir un peu plus inspiré sur d’autres séries.

Fantastic Four (vol 4) #2 : Matt Fraction/Mark Bagley

Fraction avance dans les préparatifs du voyage temporal des 4F. Enfin il avance à son rythme, ce qui revient à écrire qu’il ne se passe pas grand-chose. L’épisode sert surtout à présenter les liens entre les Fantastic Four et la Fondation du Futur. Honnêtement, ce numéro se lit plutôt bien, et j’avoue même avoir été séduit par le roaster de ladite fondation (mention spéciale pour Medusa), histoire de regretter certains choix éditoriaux de Panini. Hormis cette petite parenthèse, et bien…. C’est à peu près tout ce qu’il y avait à signaler sur ce numéro. Un petit mot sur les dessins de Bagley. C’est pas mal et relativement joli.

Bilan de la revue : le cosmique tire encore une fois tout ce beau monde vers le haut. Iron Man n’est pas vraiment passionnant, et je ne suis pas extatique sur le futur voyage temporel de la famille fantastique. Mais bon, pour Nova et GoG, le magazine vaut le détour.


UNCANNY AVENGERS 3


Uncanny Avengers #1 : Rick Remender/John Cassaday

Remender poursuit son premier arc de la série blockbuster post AvX. Quitte à me répéter, j’ai déjà eu connaissance des six premiers numéros, ce qui ne m’empêche pas de prendre du plaisir à la relecture. On ne reconnaît pas forcément le style de Remender qui fait preuve d’un peu plus de désinvolture qu’à l’accoutumée. Si la caractérisation des personnages pâtit forcément de ce traitement parfois grossier, l’écrivain continue de mener sa barque tambour battant. L’avantage d’Uncanny Avengers, c’est que nous avons un actionner décomplexé avec son lot d’action et de retournements de situation. Crâne Rouge est toujours convaincant en extrémiste humain post AvX, son plan plutôt chiadé, l’ambiance est allègrement apocalyptique. Impossible de ne pas faire un petit rapprochement avec Fear Itself (un nazi et la psychose s’emparant de la population), et force est de constater que n’importe quelle page d’Uncanny sera supérieure à l’ensemble de l’event de Fraction. Cassaday continue son travail aux dessins. C’est parfois un brin trop statique, mais cela reste agréable, donc rien à signaler de ce point de vue.

Avengers Arena #3 : Dennis Hopeless/Kev Walker

On enchaîne sur mon petit chouchou Marvel NOW. Pas forcément la meilleure série, mais un bon petit coup de coeur des familles.  Après avoir un premier numéro d’anthologie, Deniis Hopeless a décidé de légèrement se calmer. Comme au précédent épisode, il se focalise sur un personnage (et encore une marginale) pour en étudier toutes les fêlures psychologiques. C’est au tour de Cammi de passer sur le billard d’Hopeless. Un personnage directement hérité d’Annihilation (disponible en Marvel Deluxe chez Panini), dont on a du mal à s’expliquer la présence dans ce marasme. Idem pour Darkhawk dont l’apparition est assez mystérieuse. Hopeless avance dans son intrigue survivaliste, et l’enjeu de l’épisode est de démasquer un tueur qui opère la nuit. Bref, c’est parfaitement écrit, avec une tonalité particulièrement sombre et mélancolique qui tranche singulièrement avec la nature des protagonistes de la série. Kev Walker est en plus au sommet de son art, bien au-dessus de ses prestations sur Thunderbolts. Au diapason du script d’Hopeless, ses planches mettent parfaitement en valeur la noirceur d’Avengers Arena.

A+X #3 : Jason Aaron/Pasqual Ferry ; James Asmus/Billy Tan

Plus ça va et moins je suis emballé par A+X. Je ne dis pas que c’est un calvaire de lire ces courts récits, mais j’ai l’impression que l’on se fiche allègrement de ma figure. Ces one-shots sont soit anecdotiques, soit redondants, soit inutiles. Et ce n’est pas la fournée du jour qui va me contredire. Jason Aaron ne s’est pas vraiment foulé pour concocter sa romance éphémère entre T’challa et Storm en contexte post AvX. Prévisible, enfantin et laborieux… C’est un petit mieux avec la team-up de poseurs Gambit et Hawkeye, rassemblés pour sauver une jeune donzelle. L’action est plutôt bien menée, la conclusion relativement amusante, mais le tout est un peu gâché par des dialogues qui se veulent malins mais qui ne le sont guère…


Bilan de la Revue : J’aimerais vraiment que Panini revoit rapidement sa copie sur Uncanny Avengers. A+X ne sert strictement à rien, et le magazine devrait gagner en taille, quitte à passer en bimensuel avec double dose de séries à chaque fois. Heureusement que la qualité reste au rendez-vous d’Uncanny Avengers (la série) et d’Avengers Arena.

dimanche 11 août 2013

Panini Comics (août 2013) : Avengers 2, Avengers HS 1, Avengers Universe 2

Après quelques semaines d’absence, et en attendant l’arrivée imminente de la prochaine rentrée littéraire, je vous propose une nouvelle revue des effectifs Marvel NOW ! Pour ce premier bilan du mois d’août, place aux séries estampillées Avengers.

AVENGERS 2


Avengers (vol 5) #3-4 : Jonathan Hickman/Jerome Opena/Adam Kubert


Une fois n’est pas coutume chez Hickman, le premier arc de la nouvelle série Avengers aura été bougrement court aux yeux de ses standards habituels. Alors que nos héros sont empêtrés dans le bourbier martien, et ce malgré l’arrivée en masse des renforts, une intervention proprement divine les sort du marasme. Un salut cosmique bienvenu qui démontre en tout cas les ambitions qu’a Hickman pour son équipe All-Star. L’épisode se lit en tout cas très bien grâce à une bonne dose d’action épique conjuguée à la cosmologie particulière du vilain du jour. Le lecteur appréciera (ou pas) la tonalité mystico-mystérieuse qui se dégage des dialogues ; il tiquera peut-être (comme votre serviteur) sur certaines formulations (« C’est le premier monde… des Avengers », certes ?!!) qui peuvent laisser perplexe. En revanche il sera époustouflé par les planches d’Opena (dieu que c’est beau). On redescend sur Terre avec le #4, récit orchestré autour d’une course contre la montre entre les Avengers et l’AIM pour prendre possession de six sites contaminées par une arme biologique. Plus classique dans sa confection, Hickman ne donne toutefois pas toutes les clefs de lecture de la menace du jour dans un épisode qui lui sert surtout à présenter les nouveaux membres du groupe (en l’occurrence Hypérion). C’est pas mal, sans laisser un souvenir impérissable à la lecture. Il était évident qu’Opena n’allait pas tenir la cadence (deux épisodes par mois) longtemps, il laisse donc la place au membre Marvel de la fratrie Kubert. Le style est forcément différent, mais j’ai l’impression que Kubert reste en dessous de son niveau habituel (AvX notamment). Au diapason du récit finalement.

New Avengers (vol 3) #2 : Jonathan Hickman/Steve Epting


Après l’introduction de la menace au précédent épisode, voici venue l’heure de son explication. Si Hickman la joue by the book, cela ne l’empêche pas de livrer un épisode passionnant où l’écrivain nous montre que le super-slibard ne se limite pas seulement à du PIF PAF POUF, et un kebab. Une bonne scène d’interrogatoire suivi d’un face-à-face tendu entre T’challa et Namor (AvX oblige si vous n’avez pas suivi), et enfin la réunion tant attendue de nos Illuminati remobilisés pour l’occasion (il me semble que le groupe était en stand-by depuis le Heroic Age). Pour que le lecteur ne soit pas complètement perdu, il eut été bienvenu de prendre connaissance de l’arc où Bendis décrivait comment les Illuminati avaient été reconstituées, mais bon, un coup de wiki, et c’est réglé. Reste que l’ensemble brille par sa cohérence, son respect des personnages et des travaux antérieurs. Hickman montre aussi ses talents de pédagogue ou de vulgarisateur en science super-héroïque, et tout est limpide du début à la fin du numéro. On sait à quoi s’attendre, avec la mention d’une menace masquée et particulièrement puissante ainsi que les choix moraux que devront effectuer nos New Avengers pour la solutionner. Vivement le mois prochain pour avancer dans un arc qui s’annonce fichtrement intéressant. En plus Epting est en forme et rend hommage au script avec de bien jolis dessins, ce qui ne gâche rien, bien au contraire.

Secret Avengers (vol 2) #2 : Nick Spencer/Luke Ross


J’avais exprimé le mois dernier toutes mes réserves à propos de cette nouvelle mouture des Secret Avengers. Ce présent épisode se lit sensiblement mieux. Oh, je ne crois pas que cela soit dû talent soudainement révélé de Spencer, mais plutôt à la structure même de l’épisode. Et oui, vu que ça bourrine allègrement tout au long des 20 pages, on ne se tape pas les dialogues un peu crétins de Black Widow ou d’Hawkeye. Pour être plus juste avec Spencer, il faut rendre justice à ce dernier de jouer un peu avec son équipe made in Cinema (« C’est qui ce type avec le costume du SHIELD ? »). Au programme du numéro, notons tout de même que l’AIM fait encore chier son monde, que le SHIELD exfiltre le maître de corvée, qui révèle les buts de son recrutement dans un cliffangher qui titille le lecteur. Et oui, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais au moins, on a envie d’avancer dans le récit. Ce qui est toujours bon signe. Aux dessins, c’est toujours Luke Ross aux manettes, et rien à faire, je ne suis pas fan.

Young Avengers (vol 2) #2 : Kieron Gillen/Jamie McKelvie/Mike Norton


J’allais presque être dithyrambique au moment d’écrire ces quelques lignes, je ne serais qu’enthousiaste à cause des quatre dernières pages. Gillen avait conclu son précédent numéro avec un cliffangher familial. Dire que l’écrivain ne perd pas son temps est un doux euphémisme. Non content de préciser sa menace de type The Faculty interdimensionnel, Gillen orchestre une évasion à l’arrache, pour faire ensuite appel aux Avengers jusqu’à ce que Loki s’invite dans cette danse. Je pense que le record de twists dans un épisode de comics mainstream vient d’être battu. C’est justement cet enchaînement trépidant de révélations/renversements de situations qui devient lassant. A force de jouer l’ascenseur émotionnel avec son lecteur, ce dernier a bien envie de hurler un « STOP ! On se pose un petit peu et on fait dans le stable ! ». Et ce n’est pas la dernière page qui inversera cette impression. Je me dois de faire part de ce bémol un petit peu à contre-coeur car l’épisode fourmille de bonnes idées (mention spéciale à la libération de Wiccan par Loki) et dialogues savoureux (mention spéciale à Loki pour l’ensemble de son œuvre). Finalement, Gillen se révèle plus à l’aise avec ses anciens joujoux qu’avec ses nouveaux. Impossible donc de ne pas ressentir que la série a du potentiel, mais il faudra voir si l’essai sera bien transformé.

Bilan de la revue : Avengers se révèle toujours aussi, sinon plus, agréable à lire. Si New Avengers sort du lot, Avengers poursuit son bout de chemin cosmique, et les Secret et Young montrent également les crocs. Pas de raison de faire l’impasse sur la revue en somme.


AVENGERS HORS SERIE 1


Red She-Hulk #58-62 : Jeff Parker/Carlos Pagulayan/Wellinton Alves


« Mais j’ai raté 57 numéros de Red She-Hulk ? Comment se fait-ce ? » Pas de panique, jeune padawan, Marvel te taquine avec sa numérotation bizarre. Au lieu d’annuler son titre Hulk, créé il y a 57 numéros par un certain Jeph Loeb (et dire que j’ai tout lu, bigre), la Maison des Idées y a adjoint un subtile pronom féminin pour acter du changement de protagoniste. Pour ne dépayser personne, on reste dans la famille Ross, et si l’on délaisse le bougon Thaddeus, on gagne au change avec Elizabeth, dont l’intelligence le dispute à la beauté. Et pour dépayser encore moins de monde, on garde la même équipe artistique. Si vous suivez ce blog, vous saurez que cela fait depuis quelques temps que j’accuse Jeff Parker de tourner en rond avec ses séries (et ce n’est pas Dark Avengers qui va me faire démentir), et c’est presque à reculons que j’ai coché ce HS dans ma check-list mensuelle. Et bien j’aurais été sacrément con de faire l’impasse. Preuve que ce cachottier de Parker en gardait sous la pédale, je dois dire que l’on retrouve le même vent de fraîcheur qu’à son début de run où il avait magnifié le personnage du Hulk Rouge. Le parallèle s’impose de lui-même puisque Parker utilise sensiblement les mêmes ficelles. On retrouve le général Fortean, toujours déterminé à purger le monde de tout individu radié aux rayons gamma. Mais le chasseur d’antan est cette fois-ci chassé par une Betty Ross passablement énervée, et qui déboule dès le premier numéro pour défourailler la nouvelle arme anti-hulk made in US Army. Un coup d’éclat plus tard, et voici notre héroïne traquée par la crème des Avengers, persuadés que Betty a pété les plombs comme son célèbre ex-mari. Preuve que Parker récite ou module ses gammes classiques, Machine-Man (déjà introduit dans le titre depuis belle lurette) remplace l’Annie d’antan pour assister la machine à distribuer les baffes. Mais l’aspect Moby Dick ou Frankenstein (selon la perspective privilégiée) s’arrête ici. Parker s’est découvert depuis un ou deux ans une passion pour les trames à caractère scientifique (et pas toujours avec bonheur, si vous voulez mon avis). Je ne sais pas si l’écrivain cite explicitement les travaux d’Hickman sur le SHIELD, toujours est-il que l’agence est mobilisée comme héritière d’une organisation millénaire chargée de surveiller un ordinateur ultra secret et capable de révéler le futur de la Terre. Ouais, dit comme ça, c’est un peu casse-gueule, mais Parker a plutôt bien collé ce fait nouveau avec la quête entreprise par Betty Ross. Qui dit Hulk, dit forcément bourre-pif, et franchement on n’est pas déçu avec ces cinq numéros. La bougresse se permet même un power-up relativement logique et surtout bien intégré à l’arc en question. Dernier et peut-être principal motif de satisfaction, Betty Ross est enfin dépeinte à sa juste valeur. Que ce soit avec Greg Pak ou même Jeff Parker, cela se résumait à une espèce de connasse ingérable et immature (et ce que ce soit vis-à-vis de son ex ou de son père). Je grossis le trait avec une certaine vulgarité, mais ce n’est que pour mieux souligner le changement de direction opéré. On se rappelle que Betty est aussi une scientifique, avec un sens moral aigu et une indépendance affirmée qui en font l’archétype de la femme forte. Il y a toujours une personnalité sous le masque gamma, et il  aurait dommage de l’oublier avec Red She-Hulk. Si avec ça, je ne vous convaincs pas d’investir dans la revue, je ne vois pas ce que je peux faire de plus.

AVENGERS UNIVERSE 2


Avengers Assemble #10 : Kelly Sue McConnick/Stefano Caselli


La série détestable par excellence. L’écriture est proprement insupportable avec un traitement kikoolol des Avengers, des blagues ratées à longueur de pages (et y en a pour tout le monde, entre Stak, Spider Woman, même Thor s’y met, c’est dire), ses enjeux anecdotiques dont tout le monde se contrefiche. Deux choses sauvent ce numéro : le costume classique de Captain America et les dessins de Stefano Caselli. Sinon, c’est nul.

Thor God of Thunder #2 : Jason Aaron/Esad Ribic


En fait il y a un troisième point positif à Avengers Assemble, c’est qu’on apprécie à sa juste valeur une série comme Thor God of Thunder. Je vous avais vanté les mérites le mois dernier, et mes louanges ne faiblissent pas avec ce numéro. Jason Aaron continue sa Chanson de Thor avec la même maestria. Cet épisode se concentre surtout sur le jeune Thor et sa première rencontre avec le Tueur de Dieux. Le temps pour Aaron de dépeindre avec justesse les relations qui unissent le fougueux blondinet à son peuple, et voilà que la menace se devine au travers d’un épais brouillard. Une fois à terre, alors que les Slaves appellent à leur secours leur propre panthéon, un pégase blanc moucheté de sang apparaît sans son cavalier. S’enchaîne un affrontement avec le fameux Tueur, qui dévoile en partie ses motifs et surtout sa dangerosité. Je me rends compte qu’avec ces lignes, je ne rends absolument pas honneur au boulot d’Aaron. Chaque case, chaque ligne de dialogue est une merveille, un petit bijou de mythologie épique comme Thor en a finalement peu connu dans sa carrière comicsienne. Et je ne vous parle même pas des dessins de Ribic qui sont probablement les plus beaux de Marvel NOW. Bref, un chef d’œuvre.

Captain America (vol 7) #2 : Rick Remender/John Romita Jr


Incontestablement ma lecture surprise du mois. Je dois en plus avouer que ma mémoire défaillante m’avait fait complètement oublier la manière dont s’était conclu le premier épisode. Il n’empêche que j’ai été particulièrement saisi de ce que j’ai lu. L’épisode s’ouvre sur la relation Captain/Ian dans l’univers de la Dimension Z. Remender manie avec réussite le double registre du survivalisme et de la paternité, les contraintes du premier renforçant les liens du second, eux-mêmes agissant comme moteur de survie. Un cercle vertueux dont l’écrivain sort à mi-récit pour poursuivre son flashback sur la jeunesse de Steve Rogers dans les années 20. Une jeunesse pour le moins difficile mais dont Remender nous montre combien elle a été fondatrice dans la construction de la personnalité héroïque de Captain America. L’épisode se conclut sur une nouvelle capture, avec un cliffangher qui fait frémir. Je n’avais pas été saisi par la plume de Remender dans le #1, mais là je le retrouve en forme olympique, notamment dans des dialogues d’une rare justesse. Au dessin on retrouve ce bon vieux Romita Jr, et là je fais encore plus amende honorable. Autant je reste dubitatif sur certains choix de colorisation, autant je m’agenouille devant ses planches au début du numéro. Les gros plans sur Steve Rogers et Ian sont saisissants d’émotion (un regard, un sourire, une main sur la tête) et servent à merveille les liens fusionnels que souhaitait souligner Remender. Bref, vivement la suite, mais je suis de plus en plus convaincu par cette version d’un Captain qui se livre plus et ouvre les portes de son intimité sentimentale.

Indestructible Hulk #2 : Mark Waid/Leinil Francis Yu


Il me semble avoir souligné le mois précédent comment Mark Waid avait adopté avec Hulk la même profession de foi éprouvée avec Daredevil. Je crois que la comparaison est encore accrue ce mois-ci. Avec Daredevil Mark Waid avait mis fin à quasiment une décennie de dépression daredevilienne. Ici, il détruit définitivement le visage d’un Banner consumée par le monstre qui sommeille en lui. Bruce Banner version Waid, s’assume, rit, fait des calembours scientifiques, guérit le cancer (ouais c’est un poil too much), et se permet le luxe de tenir tête le long d’un épisode à Tony Stark. Je me suis un petit peu interrogé sur là où voulait nous amener Waid dans ce vrai-faux team-up scientifique. Je pense après réflexion que l’écrivain a voulu mettre en exergue que Banner était au-dessus de Stark, scientifiquement parlant, et qu’il n’avait plus besoin de son patronage insupportable. Ma détestation d’Iron Man aurait préféré un démasticage pur et simple, mais la conclusion de l’affrontement est plus logique par rapport à la thématique que Waid met en avant. Si la teneur de cet épisode est un cran en dessous du #1, Indestructible Hulk reste une série plaisante, bien écrite et très prometteuse. A titre personnel, j’adore le dessin de Leinil Francis Yu, qui démontre tout son talent au détour de quelques cadrages particulièrement bien pensés.

Fearless Defenders #2 : Cullen Bunn/Will Sliney


J’ai trop la flemme d’écrire quoi que ce soit sur cette série. Bref, un voyage en Asgard pour Walkyrie et ses copines. Hela revient avec une autre bourrine. Ah et sinon une Indienne avec un arc se fait kidnapper par une autre méchante. La série se veut drôle et décalée, et ça l’est parfois. Mais bon, c’est pas le casting, même féminin, du siècle. Le meilleur truc reste la couverture de Mark Brooks, absolument géniale.


Bilan de la Revue : Avengers est une sombre daube, Fearless Defenders c’est pas mal. S’il n’y avait que ça, Avengers Universe serait dispensable. Mais comme les séries solo de Captain, Thor et Hulk sont de grande qualité, impossible d’ignorer cette revue.