Voici quelques lectures confinées proposées par votre librairie Préambule :
Macha Méril Vania, Vassia et la ille de Vassia
L' actrice romance quelques moments de sa propre vie à travers le récit
linéaire de Sonia fille de cosaques russes blancs émigrés .D'une enfance
choyée mais paysanne et pauvre vers les hautes sphères du pouvoir ,
Sonia traverse allègrement notre époque .Un roman aussi sur
l'immigration, l'attachement à la terre d'origine . Très facile à lire
plaisant très romanesque au style un peu démodé et conformiste .
Les diables bleus (américain) Christopher Castellani Cherche midi
Un premier roman . 1953 La communauté gay américaine se retrouve à
Portofino invitée par le romancier Truman Capote. Le récit, porté par
Frank Merlo amant de Tennesse Williams ( ont vraiment existés ), est
relaté par ce dernier dix ans plus tard- alors qu'il se meure (sida) -il
se souvient de cet été plein d'émotions fortes . En particulier la
rencontre avec Anja Blomgren (personnage fictif ) une jeune actrice très
glamour .Ambiance très italienne sulfureuse et sentimentalement
compliquée de la première période contrebalancée par la période
américaine suivante . On y retrouve Anja détachée de la vie sociale
après le décès de son époux adulé .Détentrice d'une pièce inédite de
Tennesse Williams que convoite un jeune étudiant .
Cette partie est moyennement intéressante alors que l'auteur transmet
bien dans le début du roman les rapports complexes et riches de ses
personnages .
Recommandations très ortes pour
Les services compétents de Iegor Gran POL un auteur qu'on aime beaucoup . ce livre fait partie de la sélection France Inter .
Un polar Les oubliés de Londres Eva Dolan Liana Levi très fort , étonnant .
Un autre bon polar La neige sous la neige D'Arno Saar ( pseudo de
Alessandro Perissinotto italien) La Fosse aux ours qui se passe en
Estonie
et aussi un livre étrange qui m'a enchanté Histoire d'amour de Stéphane Audeguy Le Seuil.
Les éditeurs nous envoient aussi des SP par Internet des livres à
paraitre dont un super roman qui se passe dans le Lubéron Le Dit du
Mistral Olivier Mak-Bouchard Le Tripode .
mercredi 15 avril 2020
mercredi 28 mai 2014
Rencontre/Dédicace avec Vincent Gravé et Marcus Malte, le 06 juin 2014
Rencontre/Dédicace
autour de « Il est mort le poète », en présence de Marcus Malte,
Vincent Gravé et des éditions Les Enfants Rouges
Vendredi 6 juin 2014
au Bar le XXème à Cassis de 14h à 19h
Il est mort le poète
Antoine Simiac vole vers la
victoire aux élections présidentielles. Brillant orateur, sa prose endiablée
déchaîne la passion du peuple pour celui qu’ils ont renommé « le Poète ».
Mais il meurt le poète, on le tue de trois balles dans le dos alors qu’il
rentre chez lui. Son assassin, François Mastrado, est néanmoins rattrapé et
emprisonné. 17 ans plus tard, alors que Mastrado vient d’être relâché dans la
vie, le passé se ramène à lui sous les traits d’une jeune femme qui prétend être
sa fille. Grâce à Zoé, petit ange brun sorti de nulle part, il va réapprendre à
vivre, soulager ses déchirures pour mieux guérir de ses erreurs commises. Mais
dans les alcôves du pouvoir, la mort d’Antoine Simiac est loin d’avoir livré
tous ses secrets…
Marcus Malte a su avec brio
adapter et transposer son roman aux exigences de la bande dessinée. Son script
conserve toute la saveur d’un roman noir aux ramifications multiples.
Evidemment on pense à une des pages les plus mystérieuses de l’histoire
américaine. Il y a du JKF/Lee Harvey
Osvald où les manipulateurs conspirent dans
l’ombre du chevalier blanc pour mieux jouir du drame à venir. Malte y rajoute
ce supplément d’humanisme et d’intimisme en rentrant dans le quotidien de cette
relation père/fille improbable. Récit de confession et de rédemption, autres
thèmes cardinaux du genre, « Il est mort le poète » s’apprécie comme
une agréable balade mélancolique au gré des paroles de personnages profonds et
attachants, tout en distillant quelques rebondissements bienvenus à sa conclusion.
« Il est mort le poète »
c’est aussi une rencontre avec un artiste époustouflant. Dans un style qui doit
autant à la peinture qu’au dessin, Vincent Gravé magnifie, planche après
planche son sujet. Gros plans détaillés pour saisir la beauté de ses
personnages, corps déformés par le mouvement ou les émotions, décors urbains esquissés,
son trait sait prendre ses distances avec un réalisme académique pour insuffler
ce supplément de personnalité et de sensations. Noir et blanc léché, encrage
irréprochable, Gravé joue avec merveille sur les contrastes, travaille sa
lumières au gré de ses ombres et et livre une prestation totalement immersive.
La dédicace
« Il est mort le poète »
est la quatrième collaboration de Vincent Gravé avec les éditions Les
Enfants Rouges, une relation qui s’est tissée dès le début dans le Noir.
Mentionnons « Fausse Route » qui vient d’être réédité, mais également
« Requiem pour un champion » ou « Petites coupures », deux
albums où l’illustrateur a pu explorer un de ses milieux préférés, celui de la
boxe. Artiste multiple qui aime autant se réclamer de la peinture d’Odile Redon
que des photographies d’Henri Huet, Vincent Gravé sait aussi varier ses cheminements
qui composent sa quête personnelle. Des explorations qui l’ont amené à retracer
le parcours de Camille Claudel pour Glénat, ou plus récemment à visiter le monde
merveilleux de la nature et de la biodiversité avec « Jardins des
Vagabondes » chez Cambourakis.
Nous vous invitons donc à découvrir
au travers de ces albums les mille et un univers de Vincent Gravé. Celui-ci se
fera un plaisir de les dédicacer dans le style qui le caractérise. Venez
également profiter de la présence exceptionnelle de Marcus Malte qui signera ses romans publiés chez Gallimard, mais aussi de l’éditrice
des Enfants Rouges dont le travail admirable et passionné a pu rendre possible
cette rencontre.
La dédicace aura lieu de 14h à
19h au bar le XXème (avenue Victor Hugo) à Cassis. Les dédicaces se feront
uniquement sur album. L'artiste présentera à l'occasion certains de ses dessins originaux, disponibles à la vente au prix de 100 euros (format A4).
Pour tout renseignement
supplémentaire n’hésitez pas à nous contacter par mail l.preambule@gmail.com ou téléphone au
0442013083
Venez nombreux !
Préambulement votre
mercredi 29 janvier 2014
Rencontre/Signature avec Jean-Paul Curnier, le samedi 01 Février
Librairie Préambule / Bar du XXe siècle
Rencontre avec Jean-Paul Curnier
"Philosopher à l'arc"
Samedi 1er février à partir de 17h30 au bar du XXe siècle, 17 av. Victor Hugo - Cassis.
Philosophe et essayiste, Jean-Paul Curnier a produit de nombreux articles sur l’actualité, l’image, l’art, les médias. Il est aussi l'auteur d’ouvrages littéraires, de pièces pour le théâtre et la danse, de films et d’installations vidéo. Il enseigne également l’histoire de l’avant-garde et l’esthétisme à l'université d'Aix et à la Sorbonne.
Les "Who" alimentent son inspiration musicale depuis l’adolescence.Ses maîtres à penser sont Edgar Poe et Victor Segalen. Dans son écriture il revendique la non-fiction et les petites moralités inversées...
En témoigne son dernier opus : "Philosopher à l'arc".
Chasser à l'arc, c'est apprendre à disparaître. La portée courte des flèches oblige à s'approcher au plus près des bêtes. Il faut donc impérativement connaître d'elles tout ce qui peut s'en apprendre et en tirer les conclusions pour se rendre pratiquement inexistant pour elles. Mais, à cela, il y a une conséquence : à force de se rendre insignifiant, de quitter toute apparence humaine, on cesse aussi d'être soi. On devient, pour partie au moins, ce que l'on traque, ce que l'on voit. S'approcher au plus près des bêtes c'est fréquenter au plus près l'animalité ; sa propre animalité. Ce texte se présente comme un récit philosophique, réalisé à partir d'expériences sur un territoire champenois.
"Philosopher à l’arc... le titre désigne une autre condition, une autre expérience de la pensée à travers l’exercice de la chasse à l’arc. Aussi, très vite, la pensée dont il est question porte à la fois sur le fait de devoir tuer pour manger, et de savoir qui tue qui, étant donné les conditions particulière de la chasse à l’arc. Celle-ci implique une confusion, une sorte d’osmose entre la proie et le chasseur dont la trace dans les civilisations contemporaines n’a pas totalement disparu. La chasse à l’arc, du fait de la courte portée des flèches, implique un rapprochement maximal avec les proies. cela signifie d’une part une connaissance approfondie et presque intime des animaux mais aussi une faculté commune à une très grande partie des êtres vivants qui prend tout son sens ici pour le chasseur : celle du camouflage, du brouillage des apparences, de la discrétion absolue de soi. Jusqu’à ne plus exister que comme un animal, précisément. Se camoufler, ce n’est pas se cacher, c’est jouer avec les perceptions de l’autre, c’est troubler ses habitudes, introduire de l’incongru dans sa connaissance, souvent très étendue, de l’homme comme prédateur. Alors, l’expérience de l’arc devient une expérience décisive qui ne permet plus de retour en arrière et ne peut plus se contenter de faux-fuyants". - Khiasma
Rendez-vous donc samedi 1er février à partir de 17h30 au bar du XXe
siècle.
Nous vous attendons nombreux
Préambulement vôtre
mercredi 11 décembre 2013
Rencontre/Signature autour de Cassis et de la peinture, le dimanche 15 décembre
Cassis, port de la peinture.. . présentati on et signature du catalogue d'expositi on avec Pierre Murat dimanche 15 décembre au bar le XXe à partir de 11 h
C'était, et c'est encore pendant quinze jours ... Marseille Provence- Capitale de la culture 2013. Entre autres manifestations, il y avait la superbe exposition « Cassis, port de la peinture. Au tournant de la modernité (1845-1945) », répartie entre deux sites, à Marseille et à Cassis dans les Salles Voûtées et le Musée Municipal, du 28 juin au 6 octobre 2013. L’exposition fit découvrir en Cassis un référent majeur de la peinture provençale, mais aussi l'un des lieux privilégiés où s’est inventée la modernité picturale et où ont afflué des peintres de tous horizons. Peu d’artistes majeurs ont manqué au rendez-vous que leur assignait ce petit port dont Mistral avait fondé la renommée.
«À Cassis, les peintres en été sont plus nombreux que des sauterelles», écrira Marcel Sauvage en 1926... Ses mots sont rappelés par l'historien de d'art Pierre Murat, en préambule du catalogue de l'exposition : Vertige du cap Canaille dont les rousses falaises plongent dans la mer d'huile aux reflets diamantés. Intimité du port peuplé de barques indolentes. Pittoresque du village aux façades d'ocre léchées par le soleil et baigné de tous les bleus du ciel et de la mer. Captivés par ses cadences, ses couleurs, sa lumière insolente, nombreux furent les peintres qui ont confronté leur art à ce paysage...
C'est donc une promenade picturale réjouissante et intimiste, avec Courdouan, Ponson, Olive, Crémieux, Garibaldi, mais aussi Friesz, Picabia, Camoin, Manguin, et encore Monticelli, Verdihan, Audibert, Seyssaud. «Nous avons voulu mettre en regard les peintres provençaux de l'école marseillaise, les apports révolutionnaires des cubistes et des fauves séjournant à Cassis, les novateurs locaux et des artistes étrangers, écossais et américains qui, des années folles jusqu'à la guerre, y ont puisé leur inspiration et ont répandu la réputation de Cassis. Sous leurs pinceaux, Cassis rompt la monotonie grandiose de son panorama de carte postale. Alangui par Garibaldi, éclaboussé d'or par Monticelli, recomposé par Ponson, soulevé par Olive, dramatisé par Seyssaud, ou rendu à son quotidien par Méheut, Cassis voit sa géométrie fluctuer au gré des styles», écrit encore Pierre Murat, responsable de l'exposition, qui présentera et signera ce superbe ouvrage dimanche 15 décembre au Bar du XXe à partir de 11 h.
Nous vous attendons nombreux
Préambulement vôtre.
vendredi 22 novembre 2013
Les éditions Anne Carrière fêtent ses 20 ans le Samedi 23 novembre à Cassis
"Les éditions Anne Carrière" ... au Bar du XXème siècleavec Sibylle Grimbert, Marcel Rufo et la librairie Préambule
Samedi 23 novembre - à partir de 11 h 30.
« Notre maison d'édition fête ses 20 ans. Un âge raisonnable. Et pourtant ce métier n'est pas raisonnable. C'est un métier d'intuition, de passion. Un métier de passeur. L'éditeur est un passeur qui conduit un auteur et son texte vers la rive où l'attend le lecteur. Diriger une maison d'édition indépendante, c'est aussi se donner les moyens de remplir la mission numéro un d'un éditeur : découvrir de nouveaux talents, de jeunes auteurs qui seront, je l'espère, les grands auteurs de demain, mais aussi des récits, des témoignages de vie, des biographies, des essais sur le monde contemporain. Notre maison d'édition cherche à vous apporter du rêve, des émotions, des thèmes de réflexion, une ouverture sur la vie. » dixit Anne Carrière, fille de l'éditeur Robert Laffont. Depuis sa création en 1993, de nombreuses découvertes, dont Paulo Coelho ou Laurent Gounelle, plus récemment Robert Goolrick et Yannick Grannec, mais aussi des auteurs phares comme Patrick Graham ou Françoise Xenakis...

Un beau file rouge où l'on retrouve également Marcel Rufo et Sibylle Grimbert qui seront présents à ses cotes demain à l'occasion de cet anniversaire. Marcel Rufo présentera son tout dernier livre "Tu réussiras mieux quemoi", un essai ayant pour thème : l'éducation - l'avenir de nos enfants, et par la même, portant sur la place, la répartition des rôles, des responsabilités de l'école et/ou des parents ... De quoi nourrir de nombreuses réflexions en pleine réforme scolaire Peillon. Sibylle Grimbert, elle, a publié un des très beau roman de la rentrée littéraire 2013. En toile de fond, l'affaire Bernard Madoff, grand financier déchu en 2008... Mais le sujet traite surtout de la complicité, de la lâcheté, de l'égoïsme, de l'ambiguïté d'une relation père - fils. Victime ou complice ? Aux dernières pages, le narrateur, comprenant que toute sa vie, son standing, sa position sociale, a été modelée par les mensonges de son escroc de père, se pose cette question : « De quelle langue se sert-on dans le monde où les choses sont vraies ? » Bonne question. A vous de vous faire une opinion.
Alors RENDEZ-VOUS SAMEDI 23 NOVEMBRE - 11H30 - au Bar du XXème siècle.
Nous vous attendons nombreux.
Préambulement vôtre.
jeudi 21 novembre 2013
Panini Comics (novembre 2013) : X-Men Universe 5 et X-Men 5
Suite de nos bilans et place aux séries mutantes qui étaient passées à la trappe le mois précédent.
X-MEN UNIVERSE 5
X-Men (vol 4) #3 : Brian Wood/Olivier Coipel
Attendu (un peu) comme le messie (en tout cas par moi) dans le magazine, le titre de Brian Wood arrive déjà à la fin du premier arc. Une première occasion de faire, sinon le bilan, du moins le point sur l'apport d'une série estampillée Megastar dans un magazine qui désespérait de voir débarquer un vrai poids lourd. Avec X-Men c'est un peu l'histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Clairement l'histoire ne démérite pas. On aime toujours autant voir se dépatouiller ce casting full-women, d'autant que les héroïnes sont décidément très sympathiques à suivre sous la plume de Wood. Que ce soit Malicia, Storm, Kitty ou Betsy, l'écrivain parvient chaque fois à exploiter leur potentiel en gardant le juste équilibre entre force et finesse pour ne jamais tomber dans une caricature genrée (et tous les ingrédients sont réunis pour se vautrer dans l'essentialisme sexiste). Néanmoins, Wood recycle des idées qu'il a déjà exploitées dans le précédent volume d'X-Men. On sent que l'écrivain aime les Archi ou Anté créatures en posant des menaces destinées à repenser la place de la race mutante sur notre planète. Une thématique extrêmement intéressante mais qui mériterait un développement conséquent. A voir donc si ce qu'avance Wood dans ce premier arc sera exploité. Si c'est le cas, il s'agira a posteriori de rehausser la qualité de cette série. Dans le cas contraire, autant conclure que nous sommes face une série efficace, mais pas inoubliable. Affaire à suivre.
Savage Wolverine #5 : Frank Cho (tout seul comme un grand)
J'ose à peine vous avouer que l'absence de Savage Wolverine dans le magazine précédent m'a beaucoup peiné. Et oui, autant l'avouer suivre les aventures de Wolverine et Shannah en petite tenue dans une intrigue qui n'a ni queue ni tête a tout de ce petit plaisir coupable que nous, amateurs d'un mauvais goût assumé, affectionnons particulièrement. Bon, là, l'excitation retombe d'un sacré cran, parce que l'on se mange en pleine face les lacunes stylistiques de Frank Cho. Je comprends que l'intrigue n'est qu'un prétexte, mais lorsque j'ai l'impression de lire du Vaudeville dans du comics, je reste circonspect. Ce nouvel épisode est la foire au WTF où Cho expédie la présence de Hulk (qu'est-ce qu'il fout là déjà ?) pour l'expédier avec un rare irrespect (il manquait juste un sample de batterie pour appuyer le gag). Ok pour l'action décomplexée, mais même dans le n'importe quoi il faut un peu de structure. Plus qu'un épisode pour que Frank Cho range ses joujoux. On ne pourra pas dire que ce facétieux garnement va nous manquer. Je ne vous parle pas du dessin. Si vous aimez pour des raisons ... qui sont ce qu'elles sont, vous ne serez pas trop déçus, voire carrément contentés.
Uncanny X-Force (vol 2) #5 : Sam Humphries/Adrian Alphona/Dexter Soy
Rien à faire, je ne parviens pas à aimer cette version Marvel NOW d'Uncanny X-Force. Tout simplement parce que je ne retrouve pas du tout l'esprit d'une série X-Force. Elle est où la violence impérieuse ? Il est où l'aspect X-Men Black ? Le titre de Sam Humphries souffre en permanence des inévitables comparaisons du fait de son casting. En choisissant un roster essentiellement féminin, impossible de ne pas penser à la série de Brian Wood dans le même magazine. Donc non seulement l'équipe de Psylocke ne tient pas la distance face à sa concurrente dirigée par Cable, mais en plus elle est bien mieux exploitée ailleurs. Et les épisodes sont longs, mais longs à avaler... Un numéro entier sur le voyage dans l'inconscient de Bishop sans que l'on comprenne vraiment où Humphries veut nous emmener. Enfin si, on comprend que Bishop en fait est très gentil, mais qu'est-ce que c'est mal exécuté... Bref, une lecture à oublier.
Age of Apocalypse #13 : David Lapham/Renato Arlem/Valentine de Landro
Les aventures de la Terre 295 arrivent bientôt à leur terme cher lecteur. Et le temps est venu pour David Lapham de souffler après un rythme jusqu'ici plutôt soutenu. L'épisode s'apprécie comme un véritable aftermath de la guerre Mutants/Humains. Lapham traite plutôt bien des conséquences de la chute d'Omega (Wolverine version E-295 si vous n'avez pas suivi) et des nouveaux équilibres politiques avec Monet/Pregnance et Stryker/Prophet en nouveaux leaders pragmatiques. Il n'oublie pas non plus la psychologie à fleur de peau de ses protagonistes qui ont traversé tant d'épreuves depuis l'avènement d'Apocalypse. J'ai beaucoup aimé les pages consacrées justement à Stryker, Wolverine et Jean Grey. En somme, Age of Apocalypse est arrivé à bon port, et je crois que c'était le plus grand défi que devait relever Lapham. Challenge accompli donc. Au dessin, c'est aussi dans la lignée des précédents numéros. C'est donc assez joli.
X-Treme X-Men (vol 2) #12 : Greg Pak/Andre Araujo
J'ai rien compris. Ne suivant pas la série de Greg Pak depuis la refonte des séries mutantes post-Schism, je n'ai rien compris. Ni aux personnages (ah tiens, Pak est toujours collé avec Hercule ?!), ni aux enjeux (les Xavier maléfiques). Une étrange et irréelle impression de lecture du début jusqu'à la fin de l'épisode. Sachez tout de même que le multivers est menacé (pfff....) et que des tas d'Apocalypse vont manifestement débarquer. On retrouve André Araujo, et je ne suis toujours pas fan de son trait.
Bilan de la revue : très bizarre de juger d'X-Men Universe qui est trop tributaire de la forme de telle ou telle série. Ce n'est certainement pas un grand magazine, largement dispensable pour ceux qui souhaiterait s'intéresser à l'univers mutant.
X-MEN 5
All New X-Men #10-11 : Brian Michael Bendis/Stuart Immonen
Back to quality boys ! Le chiaroscuro joue à fond lorsque l'on passe d'X-Men Universe à ANXM. A chaque fois je crains le premier faux pas de Bendis, et à chaque fois ce dernier livre un sans-faute. Il nous offre à nouveau deux épisodes d'une qualité exceptionnelle. Alors certes, vous me direz que rien n'est vraiment extraordinaire en soi, mais tout est magnifiquement réalisé. On pourrait croire que Bendis soit dans la redite à force d'opposer anciens et nouveaux X-Men, mais chaque face à face apporte un nouvel éclairage à l'histoire et aux enjeux qui sont dépeints. Si l'on regarde bien les actuels rapports de force mutants, trois groupes principaux s'opposent : l'école Jean Grey (Wolverine/Pryde), l'école Charles Xavier (Cyclope/Magneto) et la nouvelle confrérie (Mystique/Creed). Tous les mutants sont ainsi ballottés entre ces trois pôles, qui incarnent chacun une interprétation du rêve des fils de l'atome. L'heure est donc à la méfiance et à la scission. Je ne vous révèle pas un des twists principaux du numéro, mais la visite de Cyclope à l'école Jean Grey a fait des dégâts. La scène est d'ailleurs un modèle du genre. L'humour est présent (Bendis est très bon avec Quentin Quire), la tension est permanente, il y a de l'émotion à chaque page. Personnellement, je me suis surpris à prendre parti et j'avoue avoir trépigné avec Wolverine puis souffert avec la jeune Jean Grey. C'est vous dire le degré d'empathie que Bendis parvient à créer avec son lectorat tant ses personnages sont admirables (avec une mention spéciale pour Kitty Pryde et Jean Grey). Bref, je ne taris pas d'éloges sur ce pur chef d'oeuvre. Pour ne pas gâcher notre plaisir, le twist final est là pour nous rappeler que la montée en conflictualité ne fait que commencer. Je ne vous parle même pas des dessins stratosphériques de Stuart Immonen. Enfin si, je vous en parle pour souligner qu'Immonen a suivi le nouveau design des costumes créés par Bachalo pour Uncanny X-Men. C'est parfait pour la cohérence de l'ensemble, bref encore un défaut que l'on ne peut plus relever.
Uncanny X-Men (vol 3) #5-6 : Brian Michael Bendis/Frazer Irving
Double-dose d'Uncanny X-Men. Ces deux épisodes si situent directement dans la continuité d'ANXM #11. Bendis continue de croiser les deux principales intrigues de la série qui correspondent peu ou prou aux problèmes que rencontrent l'école Charles Xavier (c'est quand même gonflé comme nom...) en externe et en interne. En déclarant la "révolution mutante", Cyclope s'est en effet attisé les foudres de la plupart des gouvernements normalement constitués. On suit donc les effets de cette déclaration au sein du SHIELD qui se doit de réagir et de préparer ses propres pions. Mais clairement le numéro s'intéresse aux défis que rencontre le corps professoral de l'école. Tous les X-Men qui ont été possédés par la Force du ¨Phénix (dans AvX) voient leurs pouvoirs se dérégler. Quand c'est Cyclope ou Emma, le problème reste mineur. Mais lorsque Ilyana Raspoutine est touchée par le phénomène ce sont les enfers qui menacent de l'engloutir, elle, ses collègues et ses élèves. Voilà un petit peu ce qui anime ces deux numéros. Cela reste de haute volée et l'on ne s'ennuie guère tant le rythme est haletant. On retrouve aussi les points forts de Bendis qui s'est toujours révélé en maître dialoguiste. Que ce soit dans l'intime ou dans l'action de groupe, sa patte apporte ce petit plus qui enchante votre lecture. Il y a notamment un décalage assez plaisant entre la gravité de la situation (être coincé dans les Limbes hostiles) et le badinage qui anime nos personnages (mention spéciale aux X-Men Rassemblement !). Mais le point fort de la série tient à mon sens aux dessins de Frazer Irving. J'étais a priori peu chaud à l'idée d'abandonner Bachalo, mais là le ton beaucoup plus réaliste d'Irving sied bien mieux au pitch des épisodes que le style cartoony de son prédécesseur. Et quelle colorisation sainte mère !! Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris une telle gifle graphique.
Cable and X-Force #8 : Dennis Hopeless/Salvador Larroca
La série la mutante la plus fun du moment. Hopeless a trouvé son rythme et son ton depuis quelques numéros et par là-même balaye les derniers petits défauts qui entachaient le titre. Dans ce #8, l'écrivain boucle son précédent arc pour définitivement installer l'esprit du X-Force version Cable. C'est futé (le plan est bien pensé), c'est réfractaire à toute forme d'autorité (Abigail Brand en fait les frais) et c'est bad assement jouissif. On sent qu'Hopeless adore ses personnages, et cet amour est communicatif. J'avais déjà un a priori positif sur Domino, mais là elle explose tout. J'apprécie aussi particulièrement le traitement de Colossus. Hopeless ne fait pas du Bendis puisque les failles post-AvX de Nikolaï sont surtout intérieures. Point de pouvoir défaillant mais une tristesse infinie qui mine notre mutant au grand coeur. Il fallait tort ou tard que l'homme de métal reprenne du poil de la bête, et l'écrivain a parfaitement rendu ce comeback. Dennis Hopeless est vraiment la révélation de Marvel NOW que je conseille de découvrir.
Bilan de la revue : Incontournable, sublime, magistrale, choisissez le qualificatif que vous voulez pour décrire X-Men. Si vous n'avez pas encore acheté ce magazine, votre mauvais goût est suspect.
Liste des Prix Littéraires 2013
Adieu rituel des prix littéraires, si l'on escompte quelques retardataires. Tout (ou presque) a été dit sur le cirque annuel qui monopolise notre attention automnale. A défaut d'un bilan (que je serais bien incapable de faire étant passé à côté d'une certain nombre d'oeuvres primées), je vous propose une liste pour que le lecteur puisse embrasser d'un coup d'un seul l'ensemble de la promotion 2013.
Un léger regret néanmoins, le fait que Céline Minard n'ait reçu rien de mieux que le Prix de Style (que je découvre), alors que son fantastique et audacieux "Faillir être flingué" est probablement ce qu'il y a eu de plus enthousiasmant et de mieux écrire en littérature française depuis le mois d'août.
PRIX LITTERAIRES 2013
Littérature
Française
Prix Goncourt : Au
revoir là-haut, de Pierre Lemaître
(éditions Albin Michel)
Prix Renaudot : Naissance,
de Yann Moix (éditions Grasset)
Prix Fémina : La Saison de l’Ombre, de Leonora Miano (éditions Grasset)
Prix Médicis : Il
faut beaucoup aimer les hommes, de Marie
Darrieussecq (éditions P.O.L)
Prix de l’Académie Française : Plonger, de Christophe
Ono-dit-Biot (éditions Gallimard)
Prix Interallié : Moment
d’un couple, de Nelly Alard
(éditions Gallimard)
Prix Goncourt des Lycéens : Le Quatrième Mur, de Sorj
Chalandon (éditions Grasset)
Prix de Flore : Tout
cela n’a rien avoir avec moi, de Monica
Sabolo (éditions JC Lattès)
Prix Décembre : La
Réforme de l’Opéra de Pékin, de Maël
Renouard (éditions Payot/Rivages)
Littérature
Etrangère
Prix Fémina Etranger : Canada, de Richard Ford
(éditions de l’Olivier)
Prix Médicis Etranger : En Mer, de Toine Heijmans
(éditions Bourgois)
Prix Nobel de Littérature 2013 : Alice Munro (éditions de l’Olivier, éditions Points)
Prix du Meilleur Livre Etranger : L’Enfant de l’étranger, de Allan
Hollinghurst (éditions Albin Michel)
Essais
Prix Renaudot Essai : Séraphin c’est la fin, Gabriel
Matzneff (éditions de la Table Ronde)
Prix Fémina Essai : Dictionnaire Amoureux de Proust, de Jean-Paul et Raphaël Enthoven (éditions Plon/Grasset)
Prix Médicis Essai : La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement, de Svetlana Alexievitch (éditions Actes
Sud)
lundi 18 novembre 2013
Bad Ass, T1
Bad Ass, T1
Ecriture : Herik Hanna
Dessins : Bruno Bessadi
Colorisation : Gaétan Georges
Accordez-moi quelques propos liminaires, même si l’exercice
est rébarbatif, avant d’entrer dans le vif de la critique. Samedi dernier, l’association
A l’Ombre des Bulles (j’en profite à nouveau pour les remercier) avait organisé
une séance de dédicace/dessins autour de Mahmud Asrar, dans l’antre de la Bédérie
(que je remercie également) à Aix-en-Provence. S’était au dernier moment greffé
à l’événement un local de l’étape en la personne
de Bruno Bessadi, Marseillais de son état. Avec l’effervescence de l’événement d’autant que le bougre m’a
dessiné un sublime sketch de John Constantine, bref, je n’ai pas pu résister à l’achat
du tome 1 de Bad Ass. Une modeste contribution au soutien du French Comics autant qu’un petit geste
de solidarité professionnelle. Cette introduction me permet donc de vous avouer
dans quel état j’étais au moment d’ouvrir mon Bad Ass dédicacé, le capital
sympathie évidemment au maximum. On pourrait croire que l’euphorie rime avec l’indulgence,
mais comme pour les drogues dures, attention à la descente.
Place donc aux planches et à ses enchevêtrements de bulles
lettrées. Comment vous résumer ce premier tome ? Bad Ass vous narre les
aventures de Jack Parks, alias Dead End, un des meilleurs représentants de
cette profession dont la mission est de nuire un maximum à son prochain. Pour donner
vie à son assassin, Herik Hanna croise deux sous-intrigues : la première s’intéresse
au massacre perpétuel auquel s’adonne le « héros » dans le présent,
tandis que la seconde remonte dans la jeunesse lycéenne pour décrypter les
origines du bonhomme (mais comment est-il devenu aussi méchant ?). Autant
dire que le script fait dans le délibérément classique, puisque ce premier
volume sert avant tout d’introduction à l’univers de la série en se concentrant
sur son personnage principal avec qui il s’agit de tisser les indispensables
liens empathiques. Hanna la joue by the book, et compose une trajectoire là
encore très classique, qui amènera un jeune boutonneux marginalisé à la stature
de bad ass ultime, un rêve sans doute partagé par bon nombre de lecteurs.
Je reste évasif sur les tenants et les aboutissements d’une telle
transformation au risque sinon de vous spoiler certains des développements les
plus savoureux de la série.
Si vous ne suivez guère l’actualité du comics outre-Atlantique
et que vous n’êtes pas familier avec le système des sollicitations, sachez que
l’éditeur américain Dynamite Comics a acheté les droits de Bad Ass et publiera
le premier numéro en janvier 2014. Bruno Bessadi nous avouait d’ailleurs que le
big boss de Dynamite était extrêmement enthousiaste sur le titre et en assurait
la promotion comme le digne héritier de The Boys (dont Panini vient de nous
offrir l’ultime opus, snif). « Faudrait pas pousser mémé dans les orties,
monsieur Dynamite », pourrait-on objecter, et l’on aurait tort de le faire.
Les ponts entre les deux séries existent bel et bien, puisqu’Hanna partage avec
Ennis cette même envie de parodier et de malmener par l’entremise d’un
anti-héros l’univers des super slibards. A la différence que si l’aversion d’Ennis
pour tout ce qui porte du spandex est notoire, on ressent en revanche un
attachement réel pour la culture populaire du côté d’Hanna. Si ce n’était pas
le cas, son petit bébé ne serait pas à ce point une œuvre postmoderne. Bad Ass
est sinon une œuvre sous influence, au moins sous références. Sans en dresser
une liste exhaustive, ce premier tome cite Batman, la JLA, Green Hornet,
Spiderman, The Authority, sans vous parler des clins d’œil à Dirty Harry, Duck
Hunt, au mecha, DBZ, NBA Jam ou encore Fist of the Blue Sky et le hentaï.
L’avalanche référentielle peut tout aussi bien caresser l’amateur
dans le sens du poil que le noyer jusqu’au coma geekique. Le problème tient
surtout à l’identité propre d’une série qui ne vivrait que par les modèles qu’elle
cite pour compenser son propre vide substantiel. En l’état actuel, je ne porte
pas une telle accusation contre Bad Ass, et lui laisse le temps d’installer ses
propres codes. Je n’ai surtout pas envie de briser par un pinaillage exacerbé le
réel enthousiasme offert par cette lecture. Le rythme est trépidant dès la
séquence d’intro (un modèle de transgression jouissive), on ne respire
quasiment jamais, à l’exception de certains flahsbacks un poil plus posés. Il
faut surtout saluer l’humour d’un auteur à la plume corrosive qui parvient
parfaitement à exploiter notre patrimoine argotique. Il faut bien avouer que la
série mérite bien son nom car rarement on n’aura vu une telle grande gueule
enchaîner les punchline avec la régularité d’un AK47. Je ne peux évidemment pas
taire l’apport artistique de Bessadi dont on sent qu’il s’éclate avec Bad Ass.
C’est craspec quand ça doit l’être, c’est boobesque quand ça doit l’être
également et ça assure les scènes d’action avec le dynamisme nécessaire. La
maturité du titre est assumée visuellement et ça, ça fait vraiment plaisir.
Je n’ai donc que des bonnes choses à écrire sur ce premier
tome. Je pourrais insister sur les petits défauts ici et là, mais ne boudons
pas notre plaisir. Bad Ass vous procurera un intense moment de lecture et vous
donnera la banane toute la journée. Vraie bonne série ou plaisir coupable
ultra-référencé, l’avenir le dira. En attendant, soutenir le French Comics n’est
pas une chose difficile quand la qualité est à ce point au rendez-vous.
dimanche 17 novembre 2013
Panini Comics (Novembre 2013) : Iron Man 5, Uncanny Avengers 6, Age of Ultron 3
Deuxième partie de nos bilans mensuels, plutôt axée sur l'event Age of Ultron.
AGE OF ULTRON 3
IRON MAN 5
Iron Man (vol 5) #8-9 : Kieron Gillen/Greg Land/Dale Eaglesham
Conclusion de l’arc "Déicide" par
un Gillen qui n’avait pas envie de traîner. Ce numéro m’a pour le moins
surpris. Alors que je m’attendais à une exploitation classique de type
Gladiator avec ce vieux roublard de Tony finissant par emballer la princesse, Gillen
expédie sa scénographie de combat avec l’intervention de Pepper le logiciel.
Intervention étant le mot clef de l’épisode #8, l’écrivain fait appel aux
Célestes (rien que ça !) pour décimer la civilisation dépeinte il y a un
numéro à peine. Généralement, recourir de manière aussi abrupte à ce qui se
rapproche le plus chez Marvel de l’idée de divinité devrait faire tiquer.
Heureusement ce n’est pas le cas, puisque le script reste parfaitement
cohérent. 602 025 morts plus tard, Stark n’a pas vraiment digéré le fait de se
faire manipuler par l’androïde 451. S’ensuit une courte séquence de traque spatiale
conclue par un epic fail. Et là où Gillen révèle encore son génie, c’est dans
une belle démonstration de transition narrative. Car la vraie star de ce numéro
c’est le fameux 451, bien plus chafouin et taquin qu’un Stark dépassé par plus
fort que lui. Mais ce n’est pas tout car l’androïde est aussi porteur d’un
message vidéo du père de Tony. Voilà comment nous sommes délicatement amenés
vers les origines secrètes d’Iron Man avec un nouvel éclairage sur sa destinée.
Quand un épisode est aussi bien écrit, on ne peut que s’incliner, même si on n’aime
guère les armures, surtout quand elles sont aussi moches. Pas vraiment la faute
de Land et Eaglesham qui signent chacun un numéro, et dont le travail
reste très appréciable. Vivement la suite.
Guardians of the Galaxy (vol 3) : Brian Michael Bendis/Steve McNiven/Sara Pichelli
Voilà un épisode paradoxal. Il y
a beaucoup d’éléments, mais concrètement il ne se passe pas grand chose. On
commence avec de la parlote (ça reste du Bendis) et une nouvelle scène du
conseil intergalactique. On enchaîne avec du blast dans tous les sens avec une
très belle séquence de fuite menée à fond les ballons par nos Gardiens. Alors
pourquoi ça n’avance pas ? Parce nous n’avons qu’une redite de ce qui
était suggérée aux numéros précédents. On sent que le roi de Spartax joue un
double jeu, et la répétition dans cet épisode n’apporte pas le petit plus qui
accroche l’intérêt du lecteur. Attention, l’épisode reste de très bonne
facture. Bendis est en forme, ses dialogues sont incisifs, l’action s’enchaîne
toujours très bien. Le seul bémol que j’émettrais concerne l’humour. Bendis a
un léger tic d’écriture dès lors qu’il est en charge d’une équipe. Il lui faut
le personnage fonction pour faire des blagues de merde. Toujours. Chez les
Avengers, c’est généralement Spidey ou Stark, chez les X-Men c’est Bobby qui a le
rôle. Et là, ça ne manque pas, il faut que Stark vanne de manière lourdingue
les aliens. Ce n’est pas de haute volée, et donc superflu. On en apprécie d’autant
plus les piques sarcastiques balancées par Rocket Racoon qui, elles, font
mouche. Par contre pour les dessins, c’est la fête. Le duo McNiven/Pichelli (l’Italienne
va récupérer la série) est au top. C’est très dynamique, très beau aussi.
Indéniablement un des points forts de la série.
Fantastic Four (vol) #5-6 : Matt Fraction/André Araujo/Mark Bagley
Tie-in Age of Ultron. Typiquement l’épisode
purge inhérent à l’exercice du tie-in. Le numéro condense toutes les choses que
je déteste dans les comics mainstream. La première est la manière dont la série
colle à l’event. Je ne vois pas comment une rupture pourrait être aussi
abrupte. C’est comme si Marvel s’était rendu compte au dernier moment qu'Age of Ultron devait coller un minimum à la continuité et qu’il fallait donc justifier l’implication
des différentes équipes. Voilà la fonction principale de ce numéro. Et il faut
voir comment le Fraction règle la chose. Un petit coup de téléphone transtemporel,
et en avant Guingamp. Cette capacité à traiter par-dessus la jambe la dimension
spatio-temporelle (qui est pourtant l’enjeu numéro un du titre) est assez
explicite sur le fait que Fraction en a rien à cirer soit de sa série soit de
Age of Ultron. Mais le feu d’artifice du je-m’en-foutisme advient avec les
messages d’adieu balancés par les FF. On commence avec Johnny et le numéro du « de
toute façon la mort ne veut rien dire. A plus. Lol ». Fraction se paie littéralement
notre tronche en prenant au premier degré un des grands sujets implicites du
comics, à savoir la relativité de la mort. Que l’on soit dans l’autodérision,
je veux bien, mais la scène requiert une implication émotionnelle assez forte
de la part du lecteur, ce que Fraction torpille avec cette ligne de dialogue.
Et le fond on le touche avec la confession de Ben sur l’éclosion de Fatalis.
Concernant les relations entre les FF et Fatalis, c’est peut-être LE secret le
plus brûlant. Vous vous rendez compte que le lâcher à deux gamins par
hologramme interposé a autant d’impact que si la Chose leur avait refilé la
liste des courses.Vous allez me dire que le tie-in apporte quelque chose d’important
à l’event, mais non, pas du tout. Il doit manquer quelque chose quelque part,
parce l’épisode se termine en queue de poisson, laissant le soin à Bendis de
recoller lui-même les morceaux. Et miracle, au #6, tout le monde est de retour.
Autant dire qu’on n’insulte pas mon intelligence plus longtemps, et que j’ai
vite refermé la revue.
Bilan de la revue : je ne
vais pas parler des FF, dont il faut vite que Fraction se débarrasse pour le bien de
tout le monde. Par contre, Iron Man et les GOG s’en tirent une nouvelle fois
avec les honneurs.
UNCANNY AVENGERS 6
Uncanny Avengers #6 : Rick Remender/Daniel Acuna
Ce n’est pas le meilleur épisode
de la série. Plusieurs éléments me posent problème ou me font grincer des dents
sur la manière dont Remender poursuit son arc. La principale tient à la mort d’un
Céleste (décidément à l’honneur ce mois-ci) en début d’épisode, sur fond de
lutte de succession Apocalypsienne. Je ne savais pas qu’un simple coup de
hache, aussi magique fût-elle, pouvait mettre à mal une divinité cosmique, et
cela m’a chiffonné tout au long de ma lecture. Ensuite, il y a le côté
redondant des dissensions au sein des Uncanny. La guêpe l’admet elle-même, on
se croirait à la maternelle, mais c’est moins le duo Wanda/Malicia qui est à
blâmer que la plume de l’écrivain. Le récit avance néanmoins, et la menace se
précise avec une très belle scène de destruction spatiale. Remender continue de
tripoter ses anciens joujoux avec un certain bonheur et l’on est en droit d’être
optimiste sur la suite. Aux dessins, Acuna nous a habitués à beaucoup mieux.
Certes, son trip très fifties est appréciable, mais le manque de détail, les
moues parfois trop figées ne sont pas dignes de ce qu’il a pu produire
récemment, notamment avec Remender sur Uncanny X-Force. Reste de belles
compositions de planches, en particulier les deux dernières de l’épisode, dont
la symbolique provoque son petit effet.
Avengers Arena #6 : Denis Hopeless/Kev Walker
Voilà un numéro sauvé par son
final. Sans parler de l’image puissante qu’il nous jette à la figure, il nous
permet d’apprécier à posteriori toute la construction de l’épisode. On comprend
via la même technique d’assemblages de
flashbacks et dissensions dans le Murder World, comment en on arrive à ça. C’est
le sous-univers de l’académie Braddock qui est à l’honneur, et ce numéro a le
mérite de régler un certain nombre de tensions mise en avant au précédent épisode. Manifestement Arcade est aux
anges, et nous assure que le jeu est relancé. Ce n’est pas trop tôt, parce que
jusqu’ici c’était plutôt mou et lent. Bref, heureusement que le final
épice le tout. Kev Walker est par contre en grande forme et plus ça va, plus j’ai
l’impression qu’il s’améliore. C’est vous dire si c’est beau.
A+X 5 : Plein de gens.
Zzzzzzzzz ….. (baille) ….
Zzzzzzzzzzz.
Bilan de la revue : Pas
le meilleur mois pour le magazine. La faute à des numéros dans le creux de
leurs arcs respectifs. Le passage obligé pour retrouver, espérons-le, des
épisodes plus consistants les mois prochains.
AGE OF ULTRON 3
Ultron AU #1 : Kathryn Immonen/Amilcar Pinna
Et encore un tie-in. Centré sur
les Fugitifs et plus particulièrement sur le personnage de Victor Mancha (et je
vous conseille fortement la postface de Dorian Mendez si vous êtes perdus, très
claire et instructive). Etant donné que le bougre n’est autre que le fils d’Ultron
himself, on peut comprendre ce qu’il vient faire dans cette galère. L’histoire
manie encore le post-apo auprès de cette communauté d’ados paumés, tandis que
Victor est empêtré dans ses interrogations identitaires (suis-je méchant,
suis-je gentil, suis-je un robot ou un humain). Pour être tout à fait honnête,
l’épisode est quelconque. Je suis passé totalement à côté de l’émotion sensée
se dégager de ce huis clos. Il faut dire que l’écriture d’Immonen n’est pas
exceptionnelle, du moins pas assez pour rendre à nouveau intéressante une
thématique archi rebattue. En plus, les dessins d’Amilcar Pinna ne sont pas vraiment
les plus fins qui soient. Ce n’est pas laid, mais c’est assez quelconque, à l’image
du script.
Age of Ultron #5 : Brian Michael Bendis/Bryan Hitch
Nous arrivons à mi-parcours dans
l’event. Si vous avez suivi jusqu’ici, vous savez que les différents groupes de
héros se sont regroupés dans la Terre Sauvage pour échafauder une contre-attaque
efficace contre Ultron. Si vous êtes des vieux routiers des crossovers, vous savez
que le premier ralentissement dans le flot narratif est un virage à ne pas
rater. Il faut évidemment amorcer les prochaines phases du récit en présentant de
manière convaincante les pistes de résolution de l’event. A mon avis, on tient
là une transition en demi-teinte. La première raison est liée à des choix douteux de la
part de Bendis. Le divin chauve nous ressort le vieux débat « et si tu
remontais dans le passé, qu’est-ce que tu changerais ? ». Vous la
sentez venir la quenelle spatio-temporelle ? Bingo ! Puisque Ultron
attaque du futur, alors nos héros agiront dans le passé. Sans trop dévoiler le
script, je trouve que Bendis s’est planté sur la caractérisation de Wolverine
en vieux grincheux qui veut buter tout le monde. On verra comment ça va
évoluer, mais là j’avoue être un peu refroidi. En revanche on peut applaudir l’écrivain
pour l’introduction d’un protagoniste essentiel. Age of Ultron signe le retour
au premier plan du cador des coups fourrés, que dis-je, du maestro du plan au
poil de cul, en la personne du seul et
unique Nick Fury. Lui sait quoi faire et comment le faire. Bendis retrouve
alors sa plume incisive au détour de quelques répliques bad ass lâchées par
cette vieille trogne. J’accorde une mention spéciale à la séquence "matin de Noël",
particulièrement jouissive avec son cachet très série B et qui fonctionne à
mort à cet instant du récit. Bref, merci Papy Fury, la poudre va enfin parler.
Quelques mots pour parler de Bryan Hitch. Le script en tant que tel ne lui
permet pas de donner sa pleine mesure, mais cela reste de grande qualité. J’aime
beaucoup ses visages et son Fury est vraiment enthousiasmant. Je vous laisse
aussi la surprise d’une dernière page qui revisite un des thèmes classiques des
covers de comics et qui envoie du pâté. C’est très testostéroné, mais bon, c’est
pas Mon Petit Poney ce qu’il illustre.
Bilan de la revue : Avec son
tie-in un peu plat, et son épisode tout en dialogues, ce n’est pas la revue qui
va vous convaincre d’acheter les deux précédentes si vous avez pris le train en
route. A ce stade, soit vous avez été conquis et de toute façon vous allez
lâcher les euros, soit vous avez quitté Age of Ultron. La pression monte pour
Bendis qui doit assurer la deuxième partie de son event. A priori il a tous les
éléments pour nous satisfaire… mais aussi pour tout foirer.
jeudi 14 novembre 2013
Panini Comics (Novembre 2013) : Avengers 5 et Avengers Universe 5
Allez, on revient ce mois-ci avec de nouveaux bilans comics. Comme à notre habitude, place aux séries Avengers.
AVENGERS 5
Avengers (vol 5) #9-10 : Jonathan Hickman/Dustin Weaver/Mike Deodato
Deux épisodes typiquement Hickmaniens ouvrent le magazine.
On retrouve en effet tous les ingrédients caractéristiques de sa plume :
il brode avec ses nouvelles créations, recoupe les éléments qu’il avait posé
dans les premiers numéros (les fameux sites de contanimation) et fournit un certain nombre de scènes
d’action plutôt bien composées. On est cependant en droit de pinailler. Les
numéros sont en soi de bonne qualité, du moins on les lit bien. Mais le rythme
hickmanien reprend ses droits : on n’avance guère et on rajoute une bonne
dose de mystères. L’épisode 10 est symptomatique de la chose : on commence
sur les chapeaux de roue avec une mission en péril superbement narrée, et on
conclut sur des secrets inavouables autour d’un personnage de l’Omega Flight
tout en suggérant des dissensions entre le Shield et les Avengers. Bref, du bon
cliffangher en soi, mais à force d’avoir le même genre de surenchères numéro
après numéro, on commence à fatiguer. On sent qu’Hickman a envie de composer
quelque chose d’épique, de titanesque pour ses Avengers, mais attention à la
chute (au propre comme au figuré). Un mot sur les dessins. Je suis toujours
aussi peu convaincu par le trait de Dustin Weaver. Des visages (heum !)
pas tip top, un côté Romita Jr pour le manque de détail. Du coup on
s’émerveille devant les planches de Mike Deodato qui prend la relève. Bon le
bougre n’a pas forcément besoin de ce contraste pour apparaître plus talentueux
qu’il ne l’est déjà. En tout cas moi je suis chaque fois aux anges quand je goûte son
travail. Une pure merveille.
New Avengers (vol 3) #5 : Jonathan Hickman/Steve Epting
Je ne sais pas si c’est la faim ou Hickman qui m’a fait
bailler pendant tout l’épisode. Autant dire que je n’ai pas été transcendé par
ce nouvel épisode, une première il me semble depuis le relaunch du titre. Ici, c’est
très bavard mais trop perché pour mon goût. Hickman veut créer de nouvelles
cosmogonies pour Marvel, mais n’est pas Kirby ou Ditko qui veut, et son
développement autour du mulitvers et de ses sortes de Parques cosmiques est
assez mal foutu. Et puis le récit n’avance pas, mais vraiment pas. Ah si, les
héros ont maintenant un bidule pour détecter les incursions multiversiques, et
comme par hasard le hasard, la prochaine a lieu en Latvérie. Ils ont vraiment
pas de cul ces Avengers. Au dessin, Epting est irréprochable, c’est toujours ça
de pris.
Secret Avengers (vol 2) #5 : Nick Spencer/Luke Ross
La lecture « foutage du gueule » du magazine. Et
ça commence fort avec un dialogue entre Hawkeye et Black Widow. C’est flemmard
avec cette répétition presque indécente du background (et ouais les soldats du
Shield tu leur dis de pas bouger, ils bougent pas, si ça c’est pas de la
discipline …). Mais en plus c’est lourd avec un débat moral vieux comme Stan Lee (si tu
tues t’es méchant/Ouais mais quand on tue les méchants ben tu restes gentil),
qui aurait pu être expédié en deux coups de cuillère à pot mais qui vient
polluer la moitié de l’épisode. Il y a quand même de l’action genre Tom Clancy
avec une mission d’espionnage qui foire et un gros cliff à la Ian Flemming
(ahahah j’étais pas mort). Cela amusera les amateurs, pas moi, d’autant que je
ne me remets toujours pas du coup de la directrice du Shield qui avait 19 ans.
Enfin, là encore, les amateurs apprécieront, pas moi. Aux dessins, Luke Ross
fait ce qu’il sait faire. Les amateurs, blablabla.
Young Avengers (vol 2) #5 : Kieron Gillen/Jamie McKelvie/Mike Norton
L’instant fraîcheur par Kieron Gillen. Un grand moment de
comics réjouissant. La série est montée crescendo pour se conclure dans un
final qui remplit toutes ses promesses. C’est parfaitement rythmé, les
dialogues sont percutants et drôles (Gillen est un génie avec Loki), l’action
se muscle au moment adéquat. On apprécie a posteriori ce premier arc comme une
brillante introduction sur la reconstitution d’une team (dissoute après
Children’s Crusade si je ne m’abuse), la réaffirmation de l’héroïsme chez
certains et, bien sûr, sur les nouveaux protagonistes qui vont composer la team.
Bref, longue vie à ces Young Avengers dont l’avenir est on ne plus radieux. Les
dessins sont au niveau de l’écriture. A force de voir le boulot de la paire
McKelvie/Norton on s’habitue à ce trait (une sorte de Steve Dillon du riche).
C’est dynamique quand il le faut, et j’accorderai une mention spéciale aux
moues des personnages qui épicent les effets humoristiques de l’écriture.
Bilan de la revue : C’est certainement pas le meilleur
mois de la revue Avengers. Loin de là. On pouvait s’y attendre avec Hickman qui
a parfois besoin d’étirer ses récits. Ce qui serait un avantage en recueil est
par contre rébarbatif à la lecture périodique. Reste Gillen et ses Young
Avengers qui volent la vedette à leurs aînés.
AVENGERS UNIVERSE 5
Avengers Assemble #14 : Al Ewing/Jackson Guice
Tie-in Age
of Ultron. Pour l’occasion DeCommick cède la place à Al Ewing (qu’il me
semble découvrir) et ce n’est pas plus mal. Pour ceux qui vont découvrir
l’exercice du tie-in (et vous en avez de la chance) vous allez vite comprendre
quelles sont les contraintes qui le cadrent. Si je devais être mauvaise langue,
je dirais que vous allez avoir droit au mieux à du brassage efficace et
relativement vain, au pire, des purges illisibles parce que l’on a forcé un
scénariste à interrompre son propre récit pour coller à l’event du moment.
Clairement ce numéro se place dans la première catégorie. Je m’interroge sur
les velléités artistiques qui sous-tendent ce tie-in et je vois bien Marvel
expliquer à l’ami Ewing « Bon, écoute, il faut capitaliser sur Age of
Ultron. Au début on savait pas trop quoi foutre avec, mais en fait le chauve
est plutôt en forme. Donc tu oublies Avengers Assemble, tu te fiches de la
continuité, et tu me ponds un truc sur Ultron. T’as deux jours ». Et c’est
ce que fait l’écrivain. Unité de personnage (Black Widow), Unité de lieu (San
Francisco) et Unité de temps (l’attaque d’Ultron), Ewing connaît ses codes et
déroule un récit sympatoche. Le numéro entend saisir tout le chaos provoqué à
l’instant T du Judgement Day. Cela n’est pas exceptionnel, c’est plutôt convenu
et prévisible mais c’est honnêtement réalisé tout en comblant un des trous de
l’event (mais comment Black Widow est en venue à collaborer avec Moon Knight).
Aux dessins, ce n’est pas vilain. C’est en-deçà de ce que faisaient les
prédécesseurs de Guice, mais cela reste dans la norme. A noter tout de même une
dernière page très comics dans l’esprit, et qui fait son effet.
Thor God of Thunder #5 : Jason Aaron/Esad Ribic
On continue avec le chef d’œuvre de Jason Aaron. C’est
toujours la même rengaine, mais est-ce de ma faute si l’écrivain enchaîne les
épisodes réussis les uns après les autres ? Dans le numéro du jour, on
avance piano ma sano. Aaron étoffe sa
cosmogonie, et on voit que le bonhomme est bien plus à l’aise avec la
mythologie que ne l’est Hickman. Il faut dire que le polythéisme remanié est
bien moins casse-gueule que le scientifico-métaphysique, et que les références
mythiques sont plutôt bien réinterprétées. Rassurez-vous, cela reste du
Thor, et l’action est toujours aussi divine et épique. Tout ce beau monde
se poutre allègrement dans le passé, le présent et le futur. Aaron démêle
d’ailleurs sa pelote temporelle en organisant la rencontre entre deux Thor. Les
voies de l’écrivain sont encore impénétrables, mais l’avenir reste réjouissant.
Ribic est encore au sommet de sa forme et c’est un régal permanent pour les
mirettes.
Indestructible Hulk #5 : Mark Waid/Leinil Francis Yu
J’avoue être un fanboy primaire de Hulk. Etre un fanboy
irrécupérable c’est souvent vivre sa lecture dans un ascenseur émotionnel. Vous
êtes en permanence balloté entre le « Waouou c’est génial » et le
« C’est de la merde, Brûler X (auteur de la chose) ». Depuis le début
j’adhère au projet de Waid sur son Hulk, et même si je suis sûr que certains ne
manqueront pas de souligner le classicisme de l’épisode du jour, je dois
admettre que « Waouou c’est génial ». Et pourtant j’admets volontiers
que Waid ne prend pas trop de risques avec son arc. Cela reste du gentil
atlante contre méchant atlante, avec le gentil Hulk qui vient aider les gentils
atlantes. Ajoutez le fait que Hulk emballe la « non-humaine mais non moins
attrayante donzelle de la civilisation mise en avant», que Banner apporte son
explication scientifico-foireuse (on m’avait jamais fait le coup de l’alchimie
quantique, tellement new-age dans la formulation), et du bon gros bourrinage
made in gamma, et tadam, voilà le #5. Mais cela fonctionne à mort. On glisse
plus que l’on ne lit, porté par le courant narratif d’un Waid qui sait
parfaitement rythmer son récit. Bref, ça parle quand on a besoin que ça parle,
c’est assez drôle (la blague sur Pym m’a fait sourire, quel taunter ce Banner),
et ça tape quand ça doit taper (je vous recommande l’étranglement par gosier
interposé, ça aussi c’est de l’inédit pour moi). Il faut dire aussi que Waid
est accompagné d’un Yu stratosphérique. Bon, ok là il dessine de l’aquatique,
mais il le fait tellement bien… Je me suis surpris à rêver d’un Aquaman par
Johns avec le Leinil au pinceau. Cela n’arrivera jamais (soupir déçu), mais
c’est vous dire à quel point c’est beau.
Captain America (vol 7) #4 : Rick Remender/John Romita Jr
Remender lâche de plus en plus de billes dans son Captain et
c’est ce qu’il fallait faire. Rompre avec autant de brutalité avec l’univers de
Brubaker impliquait selon moi aussi de ne pas trop nous noyer dans la dimension
Z. L’univers est tellement en décalage avec la Terre (une sorte de trip
horrifico-SF) qu’il fallait tout de même rebâtir des ponts entre les deux.
Jusqu’ici les flashbacks faisaient office de liens, mais cette fois, Remender
dévoile les grandes lignes du plan de retour, mais aussi les enjeux réels de
son arc (autres que le pur survivalisme). Nous en apprenons beaucoup plus sur
l’ombre menaçante de Zola, et sur les relations entre ce même Zola et le couple
Rogers/Ian. Comme souvent chez Remender, l’écriture est très
convaincante : la relation filiale, la pureté et l’innocence de l’enfance,
l’humour aussi. Les flashbacks sont toujours aussi réussis, bref un très bon
moment de lecture. Je n’ai pas envie d’être trop redondant sur Romita Jr. C’est
toujours aussi peu détaillé, mais très dynamique avec une colorisation à mon
avis à côté de la plaque.
Fearless Defenders #4 : Cullen Bunn/Will Slinney
Ah
ce pauvre Cullen Bunn et son casting féminin dont il ne sait pas trop quoi
faire. La série est indéniablement sympathique (c'est toujours ça...), mais
tellement anecdotique. Un détail dans le numéro est révélateur avec cette case « les
méchants ». Un trait d’humour certes, de l’autodérision d’accord. Sauf que
c’est au lecteur, à nous les habitués de faire cette pirouette dans nos têtes.
L’auteur torpille ses propres codes et nous invite à prendre au second degré ce
qu’il nous expose. Et bien pas de problème Cullen, c’est ce que l’on va faire.
Attention spoiler inutile : la série ne va faire long feu, mais fallait-il
sans étonner ?
Bilan : Trois séries solo au top, un tie-in honnête et …
Fearless Defenders. Pas de doute, nous sommes bien dans Avengers Universe.
Indispensable, comme d’habitude.
mercredi 9 octobre 2013
Panini Comics (Octobre 2013) : Age of Ultron 2, Iron Man 4
Après la première fournée
Avengers, voilà le deuxième opus de nos bilans mensuels. A l’honneur, Age of
Ultron et Iron Man.
AGE OF ULTRON 2
Age of Ultron #3 : Brian Michael Bendis/Bryan Hitch
C’est avec une petite excitation
que j’ai ouvert ce nouveau numéro d’Age of Ultron tant le début de l’event avait
été enthousiasmant. Et ce n’est pas ce #3 qui va refroidir mes ardeurs. Le
début de l’épisode est classiquement bendisien. Donc ça cause beaucoup, mais ça
cause bien. Rappelons que le post-apocalyptique impose, pour être convaincant,
une caractérisation impeccable qui rend compte avec justesse des rares
ressources psychologiques à disposition d’un groupe de personnes partagées
entre l’impérieuse survie et le désespoir. Et dans le comics, cela passe par le
dialogue, ce que Bendis réalise encore une fois de fort belle manière. Le
blabla bendisien n’est d’ailleurs pas purement esthétique, il précise la menace
représenté par Ultron et décrit le premier plan (un système audacieux à base de
trade) élaboré par nos héros. Et puis changement presque radical d’atmosphère
avec un retour à l’action bien bourrine qui sied à ce type d’event. On pouvait
s’étonner de l’absence des cadors de « la diplomatie par le poing dans la
tronche », et Bendis nous répond en balançant un Hulk Rouge au top de sa
forme dans le cadre d’une team-up improbable avec le Maître de Corvée. L’occasion
d’une explication bien musclée avec la force robotique ultronienne, qui
rappelle toute la nécessité d’une créature gamma quand tout fout le camp. Et je
ne vous parle même pas du cliffangher « Oh my god ! », mais bien
pensé, qui conclut ce numéro de très haute volée. Aux dessins, Hitch ne cesse
de nous émerveiller. Au détour de certains visages et de séquences d’action, on
se prend même à retrouver le Bryan de la grande époque de Ultimates. Mais là où
l’artiste se régale, c’est dans ses arrière-plans tout en contraste entre les
ruines urbaines et le monde ultra-futuriste que construit Ultron. Bref, de la belle ouvrage.
Age of Ultron #4 : Brian Michael Bendis/Bryan Hitch
Il y a moins de choses à écrire
sur cet épisode, moins bavard et qui se lit beaucoup plus vite. La faute à un
enchaînement sur les chapeaux de roue suite à la précédente révélation. On en
sait plus sur comment agit réellement Ultron et si le traitement diachronique
est un petit peu mystérieux, cela reste plutôt intéressant. A part cela, tout s’enchaîne
très rapidement via plusieurs séquences de fuite parfaitement rythmées et mises
en scène. L’intérêt du numéro tient surtout dans la cohésion puisque Bendis
parvient à réunir (certains diront de manière un peu artificielle ou abrupte)
les trois groupes de héros que l’on avait aperçus dans les précédents épisodes.
Ce type de récit rassure sur les intentions de son auteur dont on sent qu’il n’est
pas perdu dans les limbes de son futur anticipé. On souffle un petit peu avant
de partir sur la deuxième séquence de l’event. Rien à dire sur le boulot de
Hitch, encore en grande forme.
Bilan du magazine : j’avais
des attentes, et je ressors de la lecture encore plus satisfait. C’est dire la
qualité d’un event qui ma foi, remplit pour l’instant son contrat. Vivement que
ça dure.
IRON MAN 4
Iron Man (vol 5) #6-7 : Kieron Gillen/Greg Land
Ahlalala pauvre Tony Stark.
Pourtant la soirée avait si bien commencé : sauvetage de princesse,
badinage et coktail, rendez-vous dans la couche nuptiale, érection pré-coït et
puis… c’est le drame. En guise de nuit torride, la donzelle lui gerbe
dessus pour finalement l’accuser d’avoir buter son dieu. Voilà pour le premier
numéro. Ensuite c’est la taule, un androïde légèrement duplice en guise de
baveux, et un trip gladiator dans l’arène. Voilà pour le second. Je vais très
vite, mais pour une fois avec Iron Man, je me suis régalé. Plutôt que de nous
resservir le numéro de vieux charmeur sur le retour, Gillen envoie valdinguer
Stark dans de sales draps cosmiques. A propos de l’accusation de « déicide »,
notre écrivain a décidé de piocher dans la continuité d’AvX. Après son X-Men :
Consequences, c’est la deuxième fois que Gillen s’approprie avec brio l’impact
de l’event. Notre milliardaire a tout simplement décidé d’emballer la princesse
de la seule race qui vénérait le Phoenix dont elle tirait puissance spirituelle
et économique. Autant dire que les chefs d’accusation sont lourds pour celui
qui a concouru à purger l’univers du plumitif enflammé. On retrouve tous les
points forts de l’écriture de Gillen : des dialogues percutants, un humour
parfois crâneur mais tout de même réussi, une action rythmée et en sens de la
conclusion qui donne furieusement envie d’en lire plus. Bref, je suis sous le
charme du moustachu ! Je ne partage pas la haine de certains contre la
personne de Greg Land. Je comprends que l’on puisse tiquer sur certains de ses
visages ou de ses expressions un poil figées, mais franchement c’est honnête,
et ça correspond plutôt à l’ambiance bling-bling tac-tac d’Iron Man.
Nova (vol 5) #4 : Jeph Loeb/Ed McGuiness
Je vais être plus réservé, et
cela me chagrine un petit peu tant j’ai été élogieux avec cette série. En
abandonnant les interrogations existentielles de son adolescent, Jeph Loeb rentre
finalement dans le rang de l’écriture d’un teen title. Qu’on ne me fasse pas
écrire ce que je n’écris pas. L’épisode est plaisant, fluide, avec un sens
certain de l’action. Mais, cela reste du teen comics. Donc « pif paf pouf »,
« les jeux vidéos, c’est cool », « na na nère, tu m’attraperas
pas » : ça enquille certains poncifs, et il est dommage que Loeb ne
se soit pas aventuré à sublimer le genre. L’ennemi du jour est encore lié à la
figure paternelle de Sam Alexander, mais là encore cela va un peu trop vite
dans les développements, jusqu’au final pour le moins précipité. A voir dans
les prochains mois. Bien entendu, McGuiness est toujours en forme et contribue
à ce que la lecture de Nova soit toujours agréable.
Fantastic Four (vol 4) #4-5 : Matt Fraction/Mark Bagley
C’est pareil que pour Avengers
Assemble. A chaque fois j’ai envie de donner ma chance à la série, et à chaque fois ça ne fonctionne pas. A la différence que Fantastic Four ne me met pas en
colère, mais m’emmerde profondément. L’ambiance Lost in Space, mâtinée de « La fête à la maison », forcément ça n’emballe pas des masses. J’avoue
même ne pas être allé au bout du deuxième épisode (faut peut-être mettre ça sur
le compte de la digestion…). Ce que me raconte Fraction ne me passionne guère
et la manière dont il le fait me ramène toujours plus vers Morphée. Et pourtant
ça avance un peu… Enfin, j’imagine qu’il y a des fans. Pour les dessins, ce que
fait Bagley ne m’envoie pas au septième ciel. C’est comme le cimetière, ça vaut
le détour mais pas le voyage.
Bilan de la revue : Ce n’est
certainement pas la meilleure revue de Panini. Cependant les espoirs sont
permis : Iron Man devient très intéressant, les GoG vont revenir, et
espérons que les futures annonces vont sensiblement rebooster un éditorial qui
en aurait bien besoin.
lundi 7 octobre 2013
Panini Comics (Octobre 2013) : Uncanny Avengers 5, Avengers 4, Avengers Universe 4
Que dire à propos de ce bon vieux
mois d’octobre ? La rentrée littéraire se tasse, les prix bientôt tomberont
au rythme des feuilles jaunies de platanes rougeoyants, tandis que de gros
barbus joufflus vêtus de carmins vêtements s’apprêtent (déjà) à peupler nos
supermarchés. La routine somme toute, tout comme nos bilans mensuels des
publications Panini. Allez, place aux revues « Avengers ».
UNCANNY AVENGERS 5
Uncanny Avengers #5-6 : Rick Remender/Olivier Coipel/Daniel Acuna
Double dose d’Uncanny Avengers (à
la place d’A+X, oh yeah !) ce mois-ci, et on ne va pas s’en plaindre. Après
avoir conclu son arc d’introduction avec ce grand méchant nazi pro-humain de
Crâne Rouge, il était temps de voir comment Remender allait redonner un second
souffle à cette publication symbole de Marvel NOW. Dans l’épisode #5, l’écrivain
pose clairement son récit et met entre parenthèses (encore que) l’action
jusque-là dominante. Et bien lui en a pris, car il fait le choix de creuser ses
personnages et surtout la spécificité de cette division unitaire des Avengers
(l’appellation officielle ou institutionnelle du groupe). Cela lui permet de
discourir (et plutôt bien) sur des blessures qui ne sont pas fermées (Malicia,
Xavier, La Sorcière Rouge), mais aussi sur les difficultés d’un groupe de
super-héros à assurer sa pérennité, que ce soit sur le plan financier (refus de
toute aide gouvernementale) ou le plan médiatique (doit-on se cacher ou pas).
En somme Remender s’intéresse à l’identité de son groupe et sur la personnalité
de son leader (fort beau discours d’Havok). Cela dit, la présence de la guêpe
et Wonder Man m’a un peu surpris. Je croyais que la première était toujours
morte, tandis que le second refusait toute participation à une initiative
Avengers. Du coup j’ai eu sérieusement l’impression d’avoir raté un chapitre,
ce qui, je suis sûr, n’aura pas perturbé le lecteur plus assidu que je ne l’ai
été ces derniers mois. Un petit mot sur
l’autre épisode Uncanny Avengers du mois. Malgré un cliffangher comme on les
aime dans le #5, Remender embraye sur un arc qui n’a rien à voir, mais vraiment
rien du tout. J’imagine que l’on part sur l’introduction de la nouvelle menace,
mais pour ma part je suis un peu partagé sur le voyage temporel et dimensionnel
qu’entreprend Apocalypse (sur conseil de Kang le manipulateur). Ok ça se frite
plutôt bien avec un jeune Thor (l’occasion d’emprunter quelques joujoux à Jason
Aaron), mais c’est un petit peu obscur. Remender reste en terrain connu
(souvenez-vous de son Apocalypse et les 4 chevaliers dans Uncanny X-Force), et
espérons qu’il saura amener tous ces éléments à bon port. Un dernier mot sur
les dessins. Remender est d’abord associé à Coipel. Ses planches sont toujours très
convaincantes (à l’exception de certains visages un peu bâclés, notamment ceux
de Wanda sur certains plans). Ensuite, c’est un vieux compère d’Uncanny
X-Force, Daniel Acuna, qui s’invite sur le titre, et c’est pas mal du tout.
Avengers Arena #5 : Denis Hopeless/Kev Walker
Comme pour les précédents
numéros, Hopeless la joue sensiblement stesso
modo. D’un côté il travaille le back d’un des jeunes protagonistes, et de l’autre
il avance dans son récit. L’avantage de ce modus
operandi c’est de raviver les
mémoires sur les jeunes héros et héroïnes qui ne nous ont pas toujours laissés
un souvenir impérissable et de les rendre immédiatement intéressants. C’est au
tour de Kid Britain de bénéficier de ce traitement de faveur et il faut rendre honneur
au talent d’Hopeless. Déjà que je me contrefiche de Captain Britain, alors une
version jeune et arrogante venue d’une autre dimension, vous vous doutez bien que je m'en tamponne les amygdales … Mais non, dans le contexte de l’univers
meurtrier d’Avengers Arena, la mayonnaise prend, et notre héros, s’il est un
peu con-con, n’en est pas moins sincère et pas si monolithique que ça. Et l’histoire
avance. Pas trop, mais un peu quand même. Hopeless lâche une info, pas deux,
mais elle permet de faire tomber quelques masques. Mais rassurez-vous lectrices
et lecteurs, Arcane revient et annonce qu’il faut désormais accélérer les
choses. J’espère qu’Hopeless saura l’entendre et se décide enfin à se lâcher.
Rien à dire sur Kev Walker, qui est le gars qu’il fallait mettre sur le titre.
Pas le plus beau trait du marché, mais le plus adapté à l’univers.
Bilan de la série : la revue
fournit toujours un excellent moment de lecture. Remender lance de nouvelles
pistes, Arena Avengers est toujours aussi intéressant, bref on ne s’ennuie
jamais avec Uncanny Avengers.
AVENGERS 3
Avengers (vol 5) #7-8 : Jonathan Hickman/Dustin Weaver
Du Hickman pur jus ! Hypnotique,
bavard, ultra SF mais quelque peu hermétique. Rien de nouveau sous le soleil,
mais ces deux épisodes intriguent. Il fallait résoudre le cliffangher du #6, et
Hickman le fait en introduisant de nouveaux acteurs dans la mythologie Marvel.
Voici venus les Bâtisseurs, leurs héritiers vivants dans des stations spatiales
et qui gèrent les superflux de chaque univers. Il y a deux écoles, soit vous
trouvez ça légèrement chipouille, soit vous pensez que ces éléments font sens
dans le multivers. Je pencherais plutôt vers la deuxième option. Disons que si
je ne suis pas transi d’admiration devant l’interprétation hickmanienne du
multivers, j’en salue l’ambition. L’écrivain tente quelque chose de grand,
innove et travaille ses scripts pour ne pas balancer une nouvelle cosmogonie en trois cases à son
lecteur. Revenons sur les conséquences de l’instant blanc, qui si j’ai bien
tout compris, est le résultat de l’effondrement d’un certain nombre de
superflux et la manifestation de la défaillance généralisée du système
multiversel. Plus concrètement, une université explose et un nouvel individu doté de pouvoirs
assez impressionnants surgit sur la Terre 616. Il faut les efforts conjugués de
Captain Marvel, Thor et surtout Hulk pour calmer le malotru, c’est dire du
potentiel du dénommé Starbrand, protecteur planétaire investi de pouvoirs par
les fameuses stations érigées par les Bâtisseurs. Oui, voilà ce qu’il vous faut
accepter. Ça ne convaincra pas tout le monde, mais personnellement j’ai dévoré
les deux épisodes, et le cliffangher du #8 ne va pas entamer mon optimisme. On
sent que Hickman sait parfaitement où il va, et qu’il a des plans assez
impressionnants pour ses Avengers. Exactement ce qu’il fallait pour le titre
phare de Marvel. Aux dessins, c’est au tour de Dustin Weaver de tenir la cadence
infernale du bi-hebdomadaire. C’est pas mal, tantôt ça rappelle du Kubert,
tantôt du Romita Jr (sur certains angles de visages). Bref, le dessinateur ne
démérite pas et livre parfois de bien belles planches.
New Avengers (vol 3) # 4 : Jonathan Hickman/Steve Epting
Je vais être plus réservé avec
New Avengers. D’ordinaire je suis plus qu’élogieux avec la série, véritable
bonne surprise de Marvel NOW qui a su remettre en selle avec un certain brio le groupe des
Illuminati dans le contexte de la menace générale évoquée dans Avengers. Et
pendant un quart de numéro, la magie fonctionne encore. Les New Avengers
doivent trouver des alternatives pour résoudre les collisions
interuniverselles, et Stark se pointe avec un projet ambitieux et qui dépote.
Ensuite, c’est plus contestable. On n’est pas dans le voyage interdimensionnel
pur et dur, mais Hickman tire les mêmes ficelles déjà éprouvées. Tout va un peu trop vite, les solutions envisagées sont
couchées avec beaucoup de précipitation. Je ressens beaucoup moins la
cohérence et la patience dont fait preuve habituellement Hickman. Donc le trip
avec Galactus m’a laissé de marbre, le fait de mentionner encore les joyaux de
l’infini frise presque la faute professionnelle. Je me dois donc de calmer mes
ardeurs et retrouver un salutaire scepticisme avec Hickman, dont on ne doit pas
oublier qu’il aura réussi à saborder certains de ses runs pourtant débutés sur
les chapeaux de roue. Reste le sérieux de Steve Epting qui illustre toujours
avec autant de bonheur le script de New Avengers. Bref c’est beau et tant
mieux.
Secret Avengers (vol 2) #4 : Nick Spencer/Luke Ross
Comme quoi, les mois se suivent
et ne se ressemblent pas toujours. Pour une fois j’ai été conquis par la version
Marvel NOW de Secret Avengers. Pour être tout à fait honnête, le numéro du jour
est réussi parce Spencer a tout simplement signé un point.one ou un annual d’Indestructible
Hulk. A l’instar de ce qu’aurait pu écrire Mark Waid, Banner/Hulk sont les
vraies stars de ce #4, de l’identification intellectualo-scientifique de la
menace (les drones d’Iron Patriot) à sa résolution physique (le démastiquage en
bonne et due forme de ces mêmes drones). Pour être encore plus honnête, Spencer
continue de travailler son intrigue sur fond de conflit exacerbé avec une AIM
institutionnalisée, et ça se lit plutôt bien. Je crois peut-être avoir compris
le but de la série. Il ne fallait pas lire ce Secret Avengers comme un Secret
Avengers, mais comme une pure série du Shield, quoique plus mature de son
pendant télévisuel. Du coup, ça passe. Tiens, j’ai tellement passé un bon
moment que je vais être élogieux avec Luke Ross alors que ce dernier n’est pas
au-dessus de toute critique (Banner en mode cancéreux, heum…).
Young Avengers (vol 2) #4 : Kieron Gillen/Jamie McKelvie/Mike Norton
L’adolescence c’est de la merde !
J’ai enfin capté où voulait en venir ce vieux roublard de Kieron Gillen qui
disserte ironiquement sur ces rapports mielleux/haineux entre des parents dépassés
et une progéniture ingrate. Mais parfois, on balance un mauvais sort, et le
boomerang vous revient méchamment fort en pleine tronche. Intéressons-nous un
peu plus à cet épisode qui tutoie l’excellence. Une action débridée, des
rebondissements à la pelle, des dialogues parfois un peu trop teenagers mais
qui fonctionnent bien, rien à dire. On avance dans l’intrigue de manière
ludique tout en travaillant plutôt bien les caractères des personnages. L’introduction
de Noh Varr est excellente, avec une double page de génie qui montre encore une
fois toute la virtuosité de Gillen dès lors qu’il s’agit de penser ses
planches. Si l’on devait rajouter à cela des poses bien bad ass, un dessin au
poil, on tient peut-être le meilleur épisode du magazine.
Bilan de la revue : toujours
aussi agréable à lire, Avengers n’a pas vraiment de mauvaise série à son
sommaire. Mais ce ne sont pas toujours les mêmes qui sortent du lot. Honorons
cette fois-ci Young et Secret Avengers tandis qu’Hickman continue d’assurer le
taf.
AVENGERS UNIVERSE 3
Avengers Assemble #13 : Sue deConnick/Pete Woods/Mark Bagley
Rien à faire, j’ai un système d’immunisation
contre le style de Sue deConnick. Et pourtant je vous jure qu’à chaque fois je
retourne vers Avengers Assemble paré des meilleures intentions. Mais dès la
première ligne de dialogue, la légèreté et la désinvolture qui s’en dégagent me
font sortir du récit. Donc voilà, j’ai lu cet épisode, je crois que je vais l’oublier
dans cinq minutes.
Avengers Assemble Annual 1 : Christos Gage/Cooker/Mayhem/Ross/Deodato/De landrov
Vous allez dire que j’ai
des idées fixes, mais changement d’écrivain, changement d’envergure. L’exercice
de l’annual est à mon avis délicat puisque le one-shot requis par le genre doit
quand même avoir un intérêt pour le lecteur (et si possible justifier ainsi le
surcoût économique en vo). Gage a choisi de ne pas approfondir l’univers de la
série (et on le comprend vu l’indigence des arcs de Avengers Assemble) mais
plutôt de se concentrer sur un personnage, en l’occurrence Vision. Trêve de
suspense, le numéro est de qualité. Cela fait depuis AvX que l’on se dit que
Vision méritait un traitement de faveur pour cerner son (nouveau) comeback dans
la continuité Marvel. Alors comment Gage orchestre tout ça ? L’écrivain
compose une intrigue autour de Suntorion qui tourne berserk et menace de
ravager la multinationale Roxxon. Le drame que vit le bad guy est un parfait
miroir des tourments qui touchent l’androïde. C’est donc sur le plan des
émotions et des sentiments que le numéro se distingue, empreint d’une douce
nostalgie. Pouvait-il en être autrement avec l’état de Vision, privé de sa
femme, oublié de ses amis, à l’identité perdue ? Non, mais Gage ouvre de
fort belle manière son one-shot. Du bon travail d’écriture magnifiquement
illustré par ce casting all-star de dessinateurs dont certaines planches
(notamment celles de Deodato) sont à tomber par terre.
Thor, God of Thunder #4 : Jason Aaron/Esad Ribic
Le sans-faute comme toujours. Je
vais, une fois n’est pas coutume, être très bref. La geste aaronienne est
magnifique, le trait de Ribic somptueux. La dernière page de ce numéro
symbolise à merveille toute la puissance épique et mythologique qui se dégage
de cette série. L’intrigue avance peu à peu, et l’on comprend comment ces trois
Thor vont être amenés à dialoguer. Parfait, vous disais-je, tout simplement
parfait.
Indestructible Hulk #4 : Mark Waid/Leinil Francis Yu
Petite innovation avec ce nouvel
épisode de Hulk. C’est le premier qui ne soit pas un one-shot et joue la carte
du cliffangher. On ne va s’en plaindre, car il était peut-être temps que Waid
commence à poser de véritables jalons pour Hulk. Non pas que cet arc s’annonce
impérissable, mais bon un petit conflit entre Terre et Mer ça ne fait pas de
mal. Alors je ne sais pas si Waid a voulu faire un clin d’œil à l’event de la
concurrence, Throne of Atlantis, mais à deux mois d’intervalle, le doute est
permis. Des choses sont assez amusantes, comme la coopération cino-shieldique,
une première pour moi. Bon, pour la finesse géopolitique on repassera (les
gentils chinois, le méchant atlanto-khadafiste), mais il y a du monstre marin,
ça bourrine une peu… En fait la force du numéro tient à l’aspect Banner du
récit. L’introduction est savoureuse
(Bannerville), la présentation de l’équipe parfaite. L’humour est présent, que
ce soit dans les dialogues ou dans la composition des cases (les regards
angoissés des scientifiques après un accès de colère de Banner). Du coup, quand
Hill rappelle son agent, on est un peu frustré que la rencontre soit aussi
brève qu’intense, et l’on attend qu’une chose, que Banner remette les pieds
dans son laboratoire. Pour les dessins, rien à dire, ce que fait Yu est
absolument délicieux. Je vais vraiment regretter son départ quand celui-ci sera
effectif.
Fearless Defenders #3 : Cullen Bunn/Will Sliney
Dire que Cullenn Bunn n’est pas l’écrivain
le plus inspire de l’écurie Marvel est un doux euphémisme. Le problème du
bonhomme est qu’il aligne les miniséries inutiles ou assure des relais
catastrophiques sur des séries, avant son arrivée, très réussies (Wolverine d’Aaron, Venom de
Remender). Bref, c’est pas la joie. Dans ce marasme, Fearless Defenders surnage.
C’est léger, très léger, trop léger, mais la légèreté fait finalement office de
tonalité à une série qui ne brille pas par son pitch (des nanas divines qui
demandent à d’autres nanas pour taper sur des méchantes gonzesses divines et
invincibles). Rajoutez des cuissardes, des soutifs en bronze et des blagues sur
les ragnagnas et voilà l’ambiance doucettement déviante de Fearless Defenders.
Je n’ai rien contre le full féminin (j’en veux pour preuve le X-Men de Brian
Wood) mais bon, j’attends un minimum de caractérisation. Là, le travail en
profondeur sur les personnages consiste à enquiller les bourre-pifs. Mais bon,
on ne s’emmerde pas, c’est déjà ça non ? Pour les dessins, je crois que
Marvel n’a pas osé aller au bout du concept. Mais balancez du Deodato ou du
Frank Cho, que ça se trémousse un peu. Donc, c’est sympa, mais pas c’est pas l’extase
non plus.
Bilan de la revue : toujours
aussi solide grâce aux séries solo, Avengers Universe, est aussi aidée par l’annual
de Avengers Assemble, et Fearless Defenders qui a le mérite de conclure
honorablement le magazine. La vie est belle pour les titres heroes,
réjouissons-nous en.
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