lundi 19 mars 2012

New 52 : la suite de la critique (Aquaman, BTDK, Action Comics)

Nouveau billet, et nouvelle critique des comics liés à l’univers des New 52 depuis le relaunch de septembre dernier. Alors, cette fois-il faudra être un peu plus spéculatif et imaginer que les séries que je vais aborder seront effectivement éditées en librairie par Urban comics (François Hercouët avait d’ailleurs plus ou moins lancé des pistes lors des premiers entretiens qu’il avait accordés). Je traiterai donc d’Aquaman, Batman : The Dark Knight et d’Action Comics.

Aquaman (#1-6)

Ah…Aquaman ! Dans mon esprit Aquaman restera toujours plus ou moins lié au préservatif dans une fameuse scène du film 40 ans toujours puceau. Enfin disons qu’il part d’assez loin, et que le grand architecte de l’Univers DC, Geoff Johns, avait fort à faire avec le personnage. Il faut cependant confesser que Johns témoignait d’une sympathie assez forte pour Aquaman dans l’event Brightest Day, qui agissait déjà comme une réhabilitation, et qu’Aquaman règne sur une énorme partie du monde dans l’univers parallèle Flashpoint

L’histoire d’Aquaman démarre à Amnesty Bay alors qu’Aquaman et Mera vivent une vie de couple paisible dans une coquette maison isolée sur une falaise. Une menace (sous-marine évidemment) guette  les habitants du village lorsque des créatures à l’origine inconnue se ruent sur eux, pour les dévorer ou les enlever. Alerté par l’adjoint du shérif, Aquaman et Mera mènent l’enquête et partent à l’assaut de cette espèce belliqueuse. Cette partie du récit concerne les numéros #1-4, les deux autres sont plutôt consacrés aux conséquences de ce qui a été découvert sous les mers, et sur les causes réelles de la disparition d’Atlantis. Le récit de Johns est composé de plusieurs thématiques, la première étant liée à la dimension héroïque d’Aquaman. Johns joue habilement avec le manque de réputation du personnage auprès du lectorat, pour en faire héros raillé, ignoré par la population normale, aussi bien ignorante de sa mythologie intrinsèque (le coup de la ceinture) que le nom de sa femme (que tout le monde ne cesse d’appeler Aquawoman). Ce récit œuvre donc comme une réhabilitation totale du personnage puisque Johns doit aussi bien convaincre le lecteur que les acteurs d’Amnesty Bay. Cependant Johns ne se contente pas seulement de ça, car il lie l’impopularité d’Aquaman à une quête identitaire plus profonde. Aquaman et Mera sont deux personnes qui ont fui leur destinée, et ont fait vœu de protéger un monde auquel ils n’appartiennent pas et qui ne les acceptent pas entièrement. Entre le monde de l’eau et celui de la terre, leurs âmes balancent et sont continuellement questionnées, et Johns transcrit admirablement ce fil du rasoir sur lequel les protagonistes sont placés.

Au niveau du dessin, rien à redire, les planches de Reis et Prado sont magnifiques. C’est classique, du moins ça reste dans les canons actuels des productions DC, mais c’est détaillé et beau. Les poses iconiques sont sublimes, comme les effets d’eau du pouvoir de Mera, donc c’est un sans-faute. 

En conclusion, Johns signe ici une série qui est tout simplement excellente. Je n’attendais rien du personnage, mais le travail est là, et l’empathie joue à fond avec notre couple de héros. Il est vraiment intéressant de constater la capacité de Johns à livrer des séries solides et à varier les différents univers de la maison DC. La seule chose que l’on puisse espérer, c’est qu’il reste aussi longtemps sur Aquaman que sur Green Lantern.

Batman : The Dark Knight (#1-6)

La série BTDK est assez récente, puisque ce nouveau titre a été lancé peu après le Batman : Incorporated de Grant Morrison. son premier arc narratif est d’ailleurs actuellement disponible en version française chez Urban Comics sous le titre Batman : la nouvelle aube. Sachant que ce même éditeur exclue ce titre de son futur magazine Batman Saga, je me disais qu’il serait intéressant de savoir ce qu'il valait. 

L’histoire est assez classique. De nombreux prisonniers d’Arkham se sont (encore) échappés, et il revient au détective masqué de se lancer sur leurs traces. Sa surprise est d’autant plus grande qu’il se rend compte que chacun des super-vilains qu’il rencontre est drogué par un anabolisant développant de manière monstrueuse leur musculature tout en accentuant leur déséquilibre mental. Jenkins a pris d’ailleurs le parti d’orchestrer tout un récit sur la peur, que ce soit via la drogue qui révèle les obsessions les plus enfouies des super-vilains, que dans les rapports qu’entretient Batman avec elle. Il a d’ailleurs recours à beaucoup de monologues intérieurs de Batman, autant de dissertations sur la notion de peur et sur la place qu’elle a occupée dans sa trajectoire individuelle d’orphelin devenu héros. Toutes les critiques que j’ai pues lire sur BTDK ont été catastrophiques, pointant à chaque fois la nullité d’un scénario qui ne comprend rien à Batman et traite par-dessus la jambe son intrigue. C’est un peu exagéré selon moi. Sans être transcendant et souffrant de la présence d’un surdoué sur la série phare (Scott Snyder), l’histoire n’est pas forcément désagréable. C’est un all-star Batman, avec une galerie fournie en nemesis, mais aussi en alliés avec l’apparition de Flash et de Superman. On retrouve ainsi la présence d’éléments, certes peu originaux mais relativement efficaces, de l’univers Batman (les toxines d’Ivy ou de Scarecrow, la haine de Bane) qui font somme toute passer un bon moment de lecture. 

Le site Comicsblog lui avait attribué la sévère note de 2,5/5, en tenant uniquement compte des dessins. Car il est vrai que l’art de Finch est sacrément beau. Un dessin très fin, un character-design très efficace (notamment sur les méchants bodybuildés), une attention très particulière aux formes avantageuses de la gente féminine (notamment une White Rabbit en mode cosplay Playboy), sont les points forts du pinceau de Finch. Le rendu des scènes d’action est donc très convenable, et compense en partie le manque d’originalité du scénario. 

Batman : The Dark Knight, n’est certainement pas la meilleure série des New 52, et peut-être que cela refroidira les ardeurs d’Urban pour une publication vf. Cependant je ne pense pas que ce soit une purge totale, et je dois même avouer avoir préféré ces six premiers numéros à Batman : la nouvelle aube. Pour les lecteurs au budget modeste, je leur conseille de faire l’impasse, mais pas forcément pour les afficionados de Batman, d’autant que BTDK sera aussi mêlé au cross-over sur la Cours des Hiboux.

Action Comics (#1-6)

Après avoir officié si longtemps sur différentes séries de Batman, Grant Morrison profite du relaunch de la DC pour s’attaquer à un autre mastodonte, Superman. Avec un nom si prestigieux sur une série qui a rapidement conquis l’Amérique, il serait étonnant de ne pas voir Urban comics la proposer dans les rayons des librairies françaises. 

Action Comics est une série un peu particulière puisque elle se déroule cinq ans avant dans le continuum de l’univers DC. Il est donc question d’un Superman plus jeune, qui a quitté Smallville depuis quelques temps, puisque Clark Kent est déjà un journaliste dans le Daily Star, concurrent du Daily Planet dans lequel il officiera plus tard et rejoindra Lois Lane ainsi que son ami Jimmy Olsen. Les quatre premiers numéros s’attachent sur la question de la publicisation d’un super-héros, et sur les conséquences sociales, éthiques et sécuritaires que cela implique. Superman se révèle au monde, et loin des lauriers qu’il est censé recevoir, subit une sévère chasse à l’homme, affronte les mécontentements d’une population qui n’est pas prêt à ce genre de défi, tout en la défendant d’une menace cosmique. Grant Morrison varie de manière jouissive les genres et distille les premiers éléments du passé dramatique de Kal-El qui ignore encore tout de son passé et de ses origines. C’est également l’occasion d’introduire son plus grand ennemi, un Lex Luthor aussi dénué de scrupules que dangereux. Les deux autres numéros mettent en scène la Légion des Super Héros et le Superman du futur dans un imbroglio spatio-temporel autour de la navette spatiale qui a amené Kal-El sur Terre. Il s’agit ici de protéger le passé d’un jeune Superman qui n’est pas à son plein potentiel, et en amenant la Kryptonite comme artefact fondamental à la fois de sa survie que de la découverte de son passé et de son héritage. Un mini-arc plus exigeant pour mon anglais imparfait (ce qui est généralement récurrent aux scénarios plus complexes de Morrison), mais qui se raccorde à l’idée d’un Superman qui n’a pas encore tous ses pouvoirs et qui doit peu à peu prendre conscience de sa surpuissance et des responsabilités que cela implique. Des passages souvent obligés dans la gestation archétypale, mais que l’on se régale de (re) découvrir. Il faut ajouter que l’on retrouve à la fin des numéros des mini-récits sur la jeunesse des Kent, souvent empreint d’une nostalgie poignante qui sert bien la série. 

Au niveau du dessin on retrouve  Morales et Bryant sur les quatre premiers numéros, pour un rendu souvent très correct. Certaines cases (surtout dans le premier numéro) sont absolument somptueuses, c’est plus variable dans les autres, surtout au niveau de  l’expression faciale de certains personnages (Lois Lane a parfois de très vilaines moues, sans que l’on sache si c’est intentionnel de la part des dessinateurs). Ensuite on retrouve le grand Andy Kubert, pour un résultat classique, à savoir très correct mais rarement transcendant. Moins aléatoire que Morales et Bryant, mais je trouve cela parfois vraiment en deçà. Pour les mini-récits, la qualité du dessin chute sensiblement, mais sans que cela nuise à la lecture, puisque les dialogues compensent largement les défaillances graphiques. 

Action Comics est selon moi une très bonne série que l’on se doit de se procurer,  soit dès à présent en vo en achetant les premiers numéros disponibles ou en attendant le premier TPB. Nul doute qu’Urban publiera cette série, tant sa qualité est évidente, habile mélange d’éclat héroïque, d’interaction humaine et de réinterprétation de la mythologie du kryptonien le plus célèbre du monde des comics.

samedi 17 mars 2012

New 52 : Catwoman et Wonder Woman


Pour ce billet, je vais prendre quelques libertés avec les catégories littéraires classiques de Préambule pour mieux m’attarder sur la production des comics de la DC. Plus précisément, je vais faire un point sur le relaunch/reboot (redémarrage de toutes les séries DC), et plus spécifiquement encore, sur des séries de l’univers New 52 qui seront bientôt proposées en version française. Etant donc tributaire des annonces d’Urban Comics, je vous propose donc une critique sommaire de mes lectures, à savoir Wonder Woman et Catwoman, qui paraîtront respectivement les 25 mai et 8 juin prochains.


Catwoman (#1-6)


J’avais décidé par pur hasard de me lancer dans cette série, n’ayant jamais rien lu sur le personnage lié à l’univers Batman. L’équipe à l’œuvre m’était également totalement inconnue, sinon le nom du scénariste, Judd Winick, qui a officié sur Power Girl (et dont je dois toujours lire les TPB).
Les six premiers numéros nous offrent une descente aux enfers pour la célèbre voleuse féline. La perte d’un mentor, puis un cambriolage foireux font en effet de Catwoman la cible d’une partie de la police de Gotham, à savoir celle non-adhérente au fan-club de Jim Gordon. Winick a décidé de jouer la carte d’une Catwoman assez vulnérable, que ce soit dans les situations qu’elle doit surmonter, ou dans les figures tutélaires, dont un Batman particulièrement omniscient et dominateur, dont elle semble dépendre tout au long du récit. Si Catwoman est un personnage solitaire (comme tout Arsène Lupin en latex qui se respecte), elle n’est pourtant pas la plus sombre des héroïnes, puisque Winick lui attribue une personnalité assez espiègle et plus joviale que ce qu’on a pu voir par exemple dans le jeu vidéo Arkham City. En privilégiant les monologues intérieurs, où Catwoman s’adresse directement au lecteur, il joue en permanence sur l’auto-ironie ou l’autodénigrement, ce qui tranche avec certains aspects particulièrement sombres du récit.
Du côté du dessin, il y a du bon et du moins bon. Rien à dire sur la caractérisation des personnages secondaires, et surtout sur le dynamisme des cases qui mettent parfaitement en relief l’agilité de Catwoman, avec une mention particulière pour la scène de rhabillage/fuite du premier numéro. Par contre, et c’est plus problématique, cela pêche à mon goût sur Catwoman elle-même. Si March nous offre une Selina Kyle tout en rondeurs, et insistant à plusieurs reprises sur son décolleté (et il y a du monde au balcon), j’ai plus de mal à apprécier son visage aux traits beaucoup trop anguleux et le rendu d’une mâchoire à la limite du triangle isocèle. Autre problème lié à la colorisation de Catwoman, la présence d’une tâche rouge récurrente sur son nez. Je ne sais pas si cela est censé refléter les conséquences du froid sur une femme se baladant sur les toits en pleine nuit, mais cela donne l’impression d’une Catwoman en permanence pompette, ce qui nuit considérablement sur son esthétisme.
En conclusion,Catwoman est une série prometteuse, parce qu’il faut reconnaître que l’histoire est efficace et que son héroïne est très attachante. A suivre (en tout cas, moi je suis).

Wonder Woman (#1-6)


C’est peu dire que j’étais extrêmement enthousiaste à l’idée de découvrir les travaux mainstream de Brian Azzarello dont j’adore (et le verbe est faible) sa série 100 Bullets. Ne connaissant là encore pas grand-chose à Wonder Woman (soyons honnête, je reste un novice de l’univers DC), c’était une bonne occasion pour combler cette lacune.
Azzarello a une écriture très ancrée polar, en tout cas est extrêmement à l’aise avec ce genre de code, et d’aucuns annonçaient cette série comme étant une sorte de polar mythologique. Autant dire que ceux qui auraient ce type d’attente seront forcément déçus, puisque Azzarello propose plutôt du super-héroïque mythologique, somme toute assez classique. Nous retrouvons une Diana en proie à un conflit identitaire, apprenant la vérité sur son père ce qui remet en cause son appartenance à la communauté des Amazones. Assistée par le dieu Hermès, elle est amenée à sauver puis protéger une jeune fille du courroux d’Héra qui la suspecte d’être enceinte d’un Zeus à nouveau volage. Le reste de l’arc dérive sur la résolution d’un conflit divin majeur, à savoir le règne sur les cieux, puisque ce même Zeus a mystérieusement disparu. Cet arc est donc une introduction aux principaux protagonistes de ce conflit : Apollon, Héra, Hadès, Poséidon, tout en finissant sur un cliffangher qui ne résout rien à la fin du sixième épisode.
A l’instar de Catwoman, je suis un peu partagé sur les dessins de Cliff Chiang. Certaines cases sont efficaces, et le character-design est tout aussi original que réussi (mention spéciale pour Poséidon). Je trouve par contre que la finesse des visages est assez aléatoire, que ce soit selon les personnages, ou plus dérangeant, selon les cadrages opérés par le dessinateur. Plus problématique, je trouve que le dessin est plutôt statique, ce qui fonctionne pour la pose des personnages, mais manque cruellement d’impact pour les scènes d’action. Sachant que mythologique doit rimer avec épique, et que Wonder Woman est une femme généreuse en gnons et autres coups de tatane, on perd beaucoup dans le rendu de cette dimension pourtant fondamentale de la farouche amazone.  
Je dois admettre que je suis assez déçu du travail d’Azzarello, dont j’attendais certainement trop. Mais je crois que son génie ne peut pas s’exprimer pleinement sur ce type de titre, et peut-être que la participation future de Chiang à l’écriture du scénario traduit ce manque d’aisance. Wonder Woman est donc juste sympathique et je vais continuer la série par pure curiosité. En ce qui concerne Azzarello, je vais donc plutôt me tourner vers sa nouvelle collaboration avec Eduardo Risso, Spaceman, et plus tard, sur la déjà controversée préquelle de Watchmen. 

A bientôt et bonne lecture à tous.

mercredi 29 février 2012

En ce moment à Préambule

Bonjour à toutes et à tous,


En guise de billet aujourd'hui, je vous propose une petite visite au sein de Préambule, en faisant de la sorte le tour de notre actualité littéraire.
La vitrine

Du côté des nouveaux poche, on aperçoit les quelques mastodontes de l'année 2012 (Naissance d'un Pont, Millenium 2, Purge, Rosa Candida), mais des publications plus modestes qui doivent tout autant retenir votre attention : Le bateau, The Corner, Demoiselle de Numidie, La Montagne Volante. 

Enfin notre table thématique. Récemment consacrée arts graphiques (BD, Comics, Illustrations) pendant la période des fêtes, nous avons décidé au mois de février de consacrer cet espace aux petites éditions, parfois militantes, souvent courageuses, et qui proposent de sompteux livres. Une occasion idéale pour satisfaire nos sens autour d'une lecture unique.




A très bientôt chez nous, d'ici là, excellente lecture. 


jeudi 16 février 2012

Opération U-Boot, par Léo Beurthey

Nouvelle critique d'un de nos jeunes et grands lecteurs. Laissez-vous tenter par son coup de coeur. En attendant de te revoir à Préambule, un grand merci à toi Léo.


Des adolescents doivent saboter une base de sous-marins allemands, la Gestapo est à leurs trousses... Voici le scénario d'Opération U-BOOT, le nouveau volet de la série HENDERSON'S BOYS.

Tout comme les précédents tomes, il nous plonge entièrement dans la 2e guerre mondiale, aucun détail n'est laissé au hasard. Le récit est tellement réaliste et précis qu'il donne l'impression que Robert Muchamore l'a vécu lui-même! On s'attache aux héros et on suit leurs périples avec attention.
       

Vivement le prochain tome!

dimanche 5 février 2012

Farewell to Daredevil by Brian Michael Bendis

Je viens d'achever la lecture d'un des runs les plus mémorables de l'univers Marvel, à savoir l'excellent travail de Bendis (scénario) et de Maleev (dessin) sur Daredevil. Une collaboration fructueuse qui dura quatre ans, de 2001 à 2005. Souhaitant un peu prolonger ce plaisir de lecture, je vous retranscris la longue postface de Bendis qui y délivre un émouvant au revoir au personnage qui lui aura permis de s'inscrire à jamais dans le panthéon des grands scénaristes de comics. Je ne peux que vous conseiller, si ce n'est déjà fait, de vous ruer sur les éditions disponibles, en vo ou en vf (même si la politique éditoriale de Panini rend difficile cette démarche pour le lecteur français).
En attendant, je laisse la place à Bendis. 

I-I-I-I don't know what to say. 
This feels like breaking up with with a girlfriend you really like for no good reason whatsoever. I love writing this book. Alex loves drawing this book. And now we're not doing it anymore. WWWWWHHYYY ???
Well, we did it is why. We told our story. We said what came to say and it's better to leave while there's a slim chance of being fondly remembered than to stay on a book to the point where we end up killing Foggy ? What? They ARE killing Foggy ? That's just a rumor, right ? 
So, I just wanted to take a moment and completely thank every exposed part of you for supporting this comic book. Some of you have been with us since the beginning; some of you just found us; some of you read us in trade and hardback and will probably never see me thank you here, but still, I thank you. 
Daredevil is so close to my heart. It's one of my all-time favorite comic-book characters; it's one of my all-time favorite comic books. It was so, so, so influential to me as a young man deciding what kind of comic creator I wanted to be, and just discovering what it is a comic could do.
The work of Frank Miller and Klaus Janson was a revolution to me. It's why I wanted to make comics. To be offered this book at all, let alone as my Marvel debut... That in itself was and will  always be the most amazing thing that has ever happened to me in comics. And some really amazing things have happened to me in comics. 
I was a struggling Indy comic writer and artist whose best friend in comics happened to be David Mack. David Mack wrote this book prior to me. He invented Echo and did an amazing job following Kevin Smith. He was friends with Joe Quesada and he was the one who plopped my comic novels Jinx and Torso in front of Joe. Joe read them and gave me this book. And if that at all makes you want to find Jinx and Torso and read them... go with that feeling.
Joe called me up and asked me what I wanted to do at Marvel. I said : "What do you need an artist for ?" He said : "Artist ? Your art sucks. I like your writing."
Anyone who's that honest with you is someone you want to follow to the end of the Earth...or hit them with a shoe. 
I almost did a Nick Fury series with Bill Sienkiewicz; I pitched a Doctor Strange book, but everyone pitches a Doctor Strange book. But Joe said to me : "Hey, you like Daredevil ?" I said : "Uh...duh." He said, "Could you do me the favor of taking over the book for a few issues ?" DO ME THE FAVOR ? "We got behind schedule and we need to get the book back on track. In fact, you can work with David Mack on them". Yes, finally, David Mack and I get to collaborate on something we'd both like to buy. 
David and I completed a gorgeous painted story in issues 16-19. It's still one of my favorite stories, and I'm not one to pick favorites of my own stuff. It's just very near and dear. 
After I handed in the first script or two, two things happened. Bill Jemas, at Joe's recommendation, offered me Ultimate Spider-Man, and Joe offered me this book to take full time. He even offered to get one of my all-time best collaborators, Alex Maleev, who I had worked with on a crime book for Todd McFarlane called Sam and Twitch. I missed Alex. I loved working with him, and felt I had just figured him out when I was bumped from the book. Joe read the issues, and saw what Alex had in him and how special it was for us to work together. 
I offered this big story which you just finished reading. To out Daredevil and make the book about THAT. No shtick. No cop-out ending. Just make the book about what no other comic has ever been about. He has been outted. He is out. And he has to fight it to the death to keep from happening what eventually happens. 
A couple of amazing things happened next. That Marvel, with a major motion picture comingout starring Daredevil, decided to go with this storyline, we instantly heard words of approval from Klaus Janson, and we ended up winning two Eisner awards for it. And the first person to shake my hand after the awards ? Frank Miller. 
Actually Frank took the Eisner away from me and said : "You know this is mine, right ?" And I held up my hands and genuinely offered back, "Yeah, I do. Take it." He smiled dryly and handed it back, just goofing with me, but I was glad that he knew that without him nothing we did would have existed.
So, yeah, first year in and about everything cool that you could ever want to happen if you were on Daredevil happened.
A lot of people make this book. Not just Alex and I. Matt Hollingsworth, the gold standard of all comic color artists worked with us until he left comics for greener pastures in the film biz. But Dave Stewart, the most versatile, most inventive, and boldest working colorist in comics has been with us ever since and is coming with us on our next journey. 
Nanci Quesada was our editor for most of the run. She is brilliant. Period. She worked our asses off and made sure this comics was perfect. Stuart Moore, Nick Lowe, Jennifer Lee, Joe, and now Cory Sedlmeier have all molded this book editorially with such love and care. Going back to Joe for a second - you think it's easy taking a book from your boss after he just delivered its most acclaimed run in twenty years ? It isn't. This character means everything to Joe and he has helped us selflessly all these years. 
Ralph Macchio, who was editor on this book during Miller's "Born Again" run, scrutinized each and every issue. He was the hardest and most critical of the scripts, and I really appreciated that. He really wanted to make sure we gave a perfect performance. Thank you, Ralph. 
The ending you read here would not have been possible without Ed Bubaker. I had this idea cooking but didn't think it was doable because it's not fair to the next guy unless the next guy wants to go this way. When Ed was mulling over the idea to take over the book, he muttered : "Matt should just go to jail." And I started screaming. 
"YES ! YES !! I know !! Jail ! I want to do that ! Do you want to do that ?" And he did, and this book will be an amazing read for the next good long while. 
I've known Ed Brubaker and Michael Lark ever since I broke into comics. We are all Caliber Comics alumni. The issues ahead of you these two are creating are amazing, and I will be here every month for them and I hope you will be too. 
(...) I want to dedicate this last issue to Kuljit Mithra. He runs a website called www.manwithoutfear.com. By a mile the best Daredevil website there is, and a source of incredible interest and inspiration for me over the years. Kuljit has written me a note of encouragement every month and little does he know how meaningful his site was. 
Oh, and one more thing. I work with Alex Maleev because Alex Maleev is a genius. He draws the way I wish I did. He is a true and loyal friend and I am very lucky to just watch him work, let alone work with him. Thank you Alex, for every single second you dedicated to this book. 
Well, off I go to piss off more oldschool Avengers fans even though I don't mean to, but know my hear is always with Matt and his trials and tribulations. In fact, when Daredevil starts popping up in every other issue of Ultimate Spider-Man, you know I'm homesick. 

Thanks to all of you, be well. 

Bendis !
Portland, 2006

Source : Daredevil by Bendis and Maleev : Ultimate collection, Book 3  (9782785149514)
Marvel

jeudi 2 février 2012

Bilan de Janvier

Bonjour à toutes et à tous, 

si vous êtes parmi les rares à avoir suivi ce blog depuis le début, vous constaterez que nous avons décidé de légèrement modifier le contenu de nos bilans des coups de coeur. Exit, les simples collages de couvertures, nous avons décidé de consacrer un peu plus de texte pour ce qui a retenu notre attention littéraire au cours du dernier mois. 
Pour les nouveaux venus, je vous rappelle que vous pourrez lire de plus amples critiques de livres sur notre site internet. Ce mois-ci nous nous sommes attardés sur la littérature française avec : 
- Le Gouverneur d'Antipodia de Jean-Luc Coatalem (Le Dilettante)
- Demoiselles de Numidie de Mohammed Leftah (Minos/La Différence)
- Tangente vers l'est de Maylis de Kerangal (Verticales)

Donc sans plus attendre, nos conseils pour le mois de janvier. 




LITTERATURE


Un homme de tempérament 
David Lodge 
Rivages 26.50 euros
Après la malicieuse biographie d’Henri James, heureux écrivain mais malheureux homme de théâtre,David Lodge nous offre celle D’H.G. Wells contemporain du premier (1866-1946) .Alternant interviews –anachroniques mais incisifs-et récit bouillonnant, Lodge nous plonge dans la vie de cet écrivain addict à l’écriture, aux nouvelles théories sociales et politiques  et  surtout aux femmes. Esprit et humour british assurés, maestria littéraire confirmée.














J'ai vendu ma bagnole à un Polonais
Pierre Gagnon
Autrement, 12.00 euros




J'ai vendu ma bagnole à un Polonais, voilà le dernier titre accrocheur du recueil de nouvelles de l'écrivain québécois Pierre Gagnon. Le parcours d'un accidenté ans un hôpital, l'obsession enfantine pour une guitare fantasmée, la vente d'une épave à un concitoyen polonais réjoui, sont autant de petites frasques  amusantes et émouvantes d'un Canada revisité et redécouvert.














ESSAIS


Présidentielles 2012
Autrement
4.90 euros par titre


Les éditions Autrement publient en ces temps électoraux une série d'opuscules présentant les différentes propositions programmatiques de 14 candidats déclarés au présidentielles. Quatre thématiques : éducation, argent, écologie et immigration. Présentation des enjeux, longs extraits de discours pour quatre livres clairs, pédagogues et utiles pour le citoyen curieux.

















The Corner (Hiver-Printemps) 
David Simon et Ed Burns
J'ai Lu, 8.00 euros

Enfin disponible en poche The Corner est la fiction/essai qui a inspiré la série américaine The Wire. David Simon (ancien journaliste) et Ed Burns (ancien policier et enseignant) y décrivent le monde de la drogue à Baltimore en se focalisant sur le célèbre angle de rue de Fayette et Monroe. On découvre avec passion cette enquête qui se lit comme un polar tout en ayant la richesse d'une étude sociologique.

















POCHES

Naissance d'un pont
Maylis de Kerangal
Folio, 6.80 euros 

Prix Médicis 2010, Naissance d'un pont est probablement un des romans français les plus intéressants des dernières années. Autour de la construction d'un pont dans une ville d'Amérique du Nord, Maylis de Kerangal décrit tous les enjeux sociaux, environnementaux, professionnels et émotionnels autour de ce grand chantier. Avec une plume somptueuse et une intelligence du propos rare, c'est avec un certain vertige que l'on se plonge dans cette fresque de la modernité.
















La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette
Stieg Larsson
Babel noir, 10 euros

Si vous ne faites pas encore partie des millions de lecteurs de Millénium, voici une grande nouvelle : le tome 2 de la trilogie (qui devait compter 10 tomes sans le décès de l’auteur) est disponible en Babel noir. Ici tout tourne autour de la prostitution dans les pays nordiques et l’héroïne de la série, Lisbeth Salander, est gravement compromise. Mais elle lit des livres de maths…Par un écrivain suédois engagé, fan de SF et en lutte contre le fascisme.

















BANDE DESSINÉE

Watchmen 
Alan Moore et Dave Gibbons
Urban Comics, 35.00 euros
Le séisme 2011 dans le monde des comics français enfin digéré, voilà Urban Comics (nouveau label ayant récupéré l'ensemble du catalogue DC) inaugure son entrée sur le marché avec la bible des comics : Watchmen. Pas besoin de revenir sur le contenu de ce chef d'oeuvre intemporel, mais il faut souligner l'excellent travail effectué sur cette édition : grand format, papier mat (exquis au toucher avec un rendu superbe des couleurs), les nombreux bonus de l'édition Absolute, la traduction originale de Jean-Patrick Manchette. Et tout ça, pour seulement 35 euros. A se procurer de toute urgence.















Le gant de l'infini
Ron Lim, Jim Sterlin, George Perez
Panini Comics, 16.30 euros


Avis aux nostalgiques, Panini Comics propose un chef d'oeuvre de comics cosmique des années 90 avec Le gant de l'infini. Thanos, le titan et champion de la Mort, a récupéré l'ensemble des joyaux de l'infini et est quasiment indestructible. Alors qu'il s'apprête à faire disparaître la moitié des âmes vivantes de l'univers, une alliance de héros terriens et d'entités cosmiques s'unissent pour mettre fin à son règne. De la grosse fight, de l'épique, pour là encore un prix modeste, credo de la nouvelle gamme Gold de Panini.












Page blanche
Boulet  Pénélope Bagieu
Delcourt/Mirages, 22.95 euros


Entre portrait énigmatique d’une fille d’aujourd’hui, interrogation sur la mémoire sélective et pamphlet contre notre société de consommation, cet album  se lit d’une traite. Malgré apparente complexité et nombreuses bifurcations du scénario de Boulet, le fond reste léger, à la limite de la philosophie de supermarché. Légèreté et fraîcheur, sont également la marque du dessin très ligne claire de Pénélope Bagieu, qui maitrise parfaitement les couleurs d’ambiance, et l’empathie pour le futile personnage principal est immédiate…en creux, les deux auteurs font sans doute une critique de leur propre production, puisqu’en BD, ils incarnent justement le type d’ouvrages mis très en avant  qu’ils stigmatisent allègrement.










A très bientôt chez Préambule, d'ici là, excellente lecture à tous

dimanche 22 janvier 2012

L'extrait du jour : Nicolas Fargues

Bonjour à toutes et à tous,

les libraires Préambule ont manqué à toutes leurs obligations sociales en faisant fi des traditionnelles célébrations des fêtes de fin d'année. Qu'à cela ne tienne et nous en profitons pour vous souhaiter une excellente fin de  janvier.
En attendant notre rubrique/bilan des coups de coeur, je vous propose deux extraits du dernier roman de Nicolas Fargues "La ligne de courtoisie", relatant le cheminement d'un écrivain en perte d'inspiration professionnelle et familiale qui le conduit de Paris à Pondichéry pour un salutaire ressourcement. Roman sympathique sans être transcendant, il recèle de passages mordants où jaillissent l'esprif vif de l'écrivain. Tout de suite, le narrateur dresse un portrait lucide de sa progéniture, puis distille une réflexion intéressante sur la littérature américaine via le romancier Stephen King.

"J'étais bien forcé d'admettre qu'à dix-neuf ans, son bac obtenu grâce à de récents impératifs de clémence des jurys imposés par une Education nationale en proie à de sévères coupes budgétaires et ses cours de judo et de piano abandonnés depuis son entrée en phase 2 de l'échelle de Tanner de l'évolution pubertaire, mon fils n'avait toujours pas révélé de dispositions intellectuelles ou physiques notables. Soyons tout à fait franc : avec sa suffisance obtuse, avec pour unique source de culture générale et d'information le portail généraliste de son fournisseur d'accès à internet et les couvertures des gratuits du métro, avec son vocabulaire de bande-annonce commerciale pour compilation des tubes de l'été et sa prédilection écrasante pour le prêt-à-porter cintré et les téléphones intelligents, il incarnait un archétype assez convaincant du petit con d'époque".

"On voudrait croire en France que les colosses américains de la littérature procèdent de livre en livre selon la légendaire recette de la Ford T : un produit fiable, simple, pratique et bien huilé adapté à un public populaire qui en veut pour son argent, mais sans les nuances ni le raffinement de nos auteurs à nous, tellement plus tourmentés, tellement plus poètes, tellement plus philosophes, tellement plus stylistes. Or, dans Bag of Bones, non seulement Stephen King s'avérait un auteur à l'imagination sans fond, pathologiquement tourmenté, décrivant à grand renfort de métaphores inattendues et riches un visage austère d'épicier de village aussi bien qu'un lever de lune au-dessus d'un lac du Maine, mais il gratifiait par-dessus le marché son lecteur de réflexions sur la langue et le métier d'écrire avec une décontraction limpide dont les départements de lettres modernes de nos facultés à la condescendance facile gagneraient sans doute à s'inspirer pour escompter figurer un jour en meilleure position au sein du fameux classement de l'élite internationale des filières d'études établi par l'université Jiao-tong de Shanghai."



La ligne de courtoisie
Nicolas Fargues
Editions POL
15 euros